Si vous suivez ce blog depuis un certain temps, vous savez ce que je pense
de l'épilation en général, j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises en ces lieux
et sur A visage découvert à travers quelques lignes que je replace ici.
''Rien ne m’est plus déplaisant qu’une séance d’épilation !
Lisse, toute lisse, si lisse, si douce, en douceur. Laisses-toi faire ma
fille, c’est pour être plus belle, il faut souffrir pour être plus belle, pour
être belle. Enlève ta touffe, rase, pommade, arrache ce poil que je ne saurai
voir.
Caresser dans le sens du poil. Se faire caresser dans le sens du poil. Se
faire caresser sans plus aucun poil.
Lisser, tout doit être bien lisse, lisse partout surtout, des fois qu’il y
ait des aspérités, on ne sait jamais, mieux vaut être prudent, mieux vaut
prendre les devants. Mieux vaut prévoir que guérir.
Pas de risque d’accrochage. Douce toison, si douce pourtant…
Comment ça tu ne veux pas être aussi lisse que les autres ! Comment ça
tu ne veux pas te faire noyer dans la masse !
Esprit d’indépendance ? Que nenni !''
Mais là, je viens de découvrir un site qui me fait un plaisir immense (merci
à Valmont pour cette découverte), car j'ignorais totalement son existence.
Voici donc quelques lignes trouvées sur ce site et que je conseille, c'est
très instructif ! M.I.E.L.
(Mouvement International pour une Ecologie Libidinale) :
N'y a-t-il pas des combats plus importants que l'arrêt de
l'épilation ?

(cliquez sur les photos pour les agrandir)
D'abord dans notre société TOUTES les femmes sont confrontées à la question
de l'épilation (la pratique ou le regard des autres) et ce dans leur vie
quotidienne et durant toute leur vie : ce n'est donc pas une mince
affaire ! Or nous ne connaissons pas d'association féministe qui se
préoccupe de cela.
Il existe certes des enjeux plus importants dans la lutte féministe mais
pour mener à bien les luttes il faut mobiliser. Il faut donc des femmes (et des
hommes) qui soient "conscientes" et non "aliénées". Nous ne pensons pas que la
cause féministe puisse être beaucoup soutenue par les femmes qui n'ont à
l'esprit que leur régime minceur ou leur épilation-maillot et dont la seule
lecture est leur magazine féminin.
Notre action vise à "décoloniser les esprits" comme le dit justement une de
nos correspondantes.
"L'embrigadement du corps est la condition de la soumission des
esprits". Jean-Marie Brohm.

Ils disent (les marchands, dans leurs magazines féminins ou
masculins) : "les poils ce n'est pas esthétique" Depuis quand ?
Est-ce à eux de définir les critères esthétiques ? Cette idée dévalorise
le corps des femmes, leur beauté à l'état naturel.
Ils disent : "les aisselles non épilées ça pue" Ils ne connaissent pas
le savon ? Ils ne savent pas non plus que les poils ont justement pour
fonction de réguler la sudation... et que les déodorants (et l'arrachage des
glandes sébacées à la base du poil) suppriment les phéromones indispensables à
une communication harmonieuse. Penser que toute odeur corporelle est
nécessairement une mauvaise odeur relève aussi d'un conditionnement.
Ils disent : "s'épiler c'est prendre soin de soi" S'abîmer la peau,
c'est cela prendre soin de son corps ?
Elles/Ils disent : "ça fait la peau douce" Lorsque l'on est caressé sur
la peau, les poils participent de la sensation. Lorsqu'on les a enlevé on perd
cette dimension de la sensation. De plus lorsqu'on se rase il faut le faire
quasiment tous les jours pour avoir la peau "douce" sinon ça râpe et pique.
Elles disent : "toutes mes amies le font" Celles qui ne le font pas le
cachent et n'osent pas le dire, quand à celles qui le font beaucoup le font par
contrainte ou conformisme. Brisez le consensus apparent et vous rallierez de
plus en plus de femmes à votre cause.
Elles/Ils disent : "c'est une question de respect des autres" Pour un
intégriste, une femme qui sort dans la rue sans foulard lui manque de
respect ! Qui est intolérant ? Ceux qui montrent du doigt et
regardent de travers les femmes naturelles. Respectez le choix de celles qui
n'ont pas envie d'abîmer leur corps ni de se plier à cette norme sociale.
Elles disent : "je le fais pour mon homme" Le leur a-t-il vraiment
demandé ? Les femmes surestiment le nombre d' hommes qui n' aiment plus
les poils. De plus pour la plupart des jeunes hommes c'est une opinion a
priori : ils n'ont jamais vus de poils sur un corps de femme !
Beaucoup d'hommes sont aussi aliénés par cette norme. Mais cela n'est pas
irréversible...
__"A chaque fois que vous vous trouvez du côté de la majorité, c'est le
moment de s'arrêter et de réfléchir". Mark Twain.__
''S'épiler (ou se raser) :
-ça dessèche la peau (les poils ont pour fonction de réguler l'humidité de
la peau) ;
-ça fragilise la peau et favorise les infections ;
-ça empêche la diffusion et/ou la production des phéromones ;
-ça fait mal (cire, laser) ;
-ça blesse (rasoir) ou cela occasionne des rougeurs, des boutons...
-ça cause des démangeaisons quand les poils repoussent ;
-ça enlaidit : les poils d'origine sont beaux et doux mais les
repousses le sont moins, sans compter la multiplication des poils
incarnés ;
-ça fait perdre du temps : pendant qu'on fait ça, on ne fait pas autre
chose de plus intéressant ou de plus utile (s'instruire, agir, se faire des
amis...) ;
-ça coûte cher (appareils, institut, cire, crèmes) ;
-ça pollue : industrie des crèmes dépilatoires et rasoirs
jetables.''

L'épilation rend symboliquement la femme mineure et la désexualise car le
poil, apparaissant à la puberté, est un signe de maturité sexuelle ;
L'épilation (d'autant plus si elle est intégrale) banalise l'image d'un
corps désirable de petite fille : ne banalise-t-elle pas la
pédophilie ?
Symboliquement la touffe de poil des aisselles renvoie aux
poils pubiens (on peut le lire sous la plume d'écrivains ou commentateurs
notamment du XIXème siècle) donc l'enlever est une dé-érotisation.
Il en va de même pour les poils qui dépassent du maillot.
De plus l'épilation et la désodorisation suppriment les phéromones (dimension
olfactive de l'érotisme).
S'épiler (ou se maquiller...) c'est "se FAIRE belle". Autrement dit
cela signifie que la femme naturelle est laide (c'est une des idées les plus
misogyne qui soit !).
Depuis des siècles prédomine dans les représentations médicales et
psychologiques l'idée que la femme est incontrôlable, hystérique et plus proche
de la nature que l'homme. Ces idées perdurent dans "l'inconscient collectif".
Les hommes ont toujours cherché a contrôler les femmes. Contraindre leur corps
en est un des moyens, il est d'autant plus efficace que la femme
s'autodiscipline. C'est une lutte féministe pour le droit à disposer de son
corps et à en préserver l'intégrité. Les féministes ont obtenu des avancées sur
le plan légal mais on peut craindre un recul insidieux par le biais de cette
"colonisation des esprits" (aliénation). Aujourd'hui, pour une femme, ne pas
s'épiler les aisselles est devenu un acte militant !
Note : attention à vous les hommes ! La propagande épilatoire
cherche à conquérir de nouvelles parts de marché : vous êtes leur nouveau
cœur de cible.
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Lien avec Oser dire
non à l'épilation (2)