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Ecriture en duo : L'homme du métro saint germain

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vendredi 21 août 2009

L'homme du métro saint Germain (4 et fin)

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La surprise lui fit ouvrir les yeux en grand et découvrir une jeune femme rousse et bien en chair aux cheveux coupés courts. Plus tard, il aurait le temps de se remémorer la scène et de revoir chaque instant, chaque minute, chaque infime détail que ses yeux voyaient alors en accéléré, pendant que son cerveau enregistrait tout méthodiquement, sensations et sentiments compris.

Stupeur, il ne débandait pas. Bien au contraire ! Son désir s’intensifiait après une frêle seconde d’hésitation. Plus de Patricia en ligne de mire. Sa Patricia. Celle qui le faisait se risquer en plein métro la braguette grande ouverte. Celle qui le faisait jouer à cache cache, au voyeur, pour leur plus grand plaisir à tous deux. Celle qui le mettait en transe dès qu’elle apparaissait, et même lorsqu’elle était absente, sa situation dans cette station en était la preuve la plus flagrante. Fini les petits jeux discrets et coquins. Place au tremblement de terre, à la bourrasque, au séisme. Plus rien ne lui importait hormis ce parfum obsédant de femme, ce contact chaud et tentateur, ajouté à la vision de cette poitrine s’agitant sous son nez pendant qu’une inconnue se saisissait de son membre pour l’engloutir au fond de sa bouche. Les hommes sont peu de chose tout de même. Femme, fais de moi ce que tu veux ! Il en était là. Et elle, que ne faisait-elle pas ? Elle le lâchait. L’abandonnait sauvagement. Pour lui tourner le dos, soulever sa jupe, avant de s’empaler sur son dard dressé, lui montrant ainsi une fraction de secondes ses fesses dénudées. Pas de petite culotte. Rien.

Quelle danse, quelle tempête ! Il se perdait. Il était perdu. Se saisir de cette croupe ainsi offerte et l’encourager à accentuer ses va et vient. Seul point d’encrage possible pour lui, ses fesses rebondies qui l’obsédaient, tout en malaxant comme un fou de ses doigts, son opulente poitrine. Tout tourbillonnait. Ouiiii !...

Zzzzzzzzzzz scrishhhh tac !... Chlack ! Ummmmmzzzzzzzzzzz…

Ne te retourne pas ma fille. Non mais quelle cruche je fais ! Il était plutôt bel homme en plus, un beau brun comme je les aime, le style intello à lunettes un peu paumé. Le genre que l’on voudrait cajoler du matin au soir, entre deux discussions hautes en couleur, deux gorgées de thé chaud et une montagne de millefeuilles qui nous mettrait du sucre glace partout sur le nez.

Marine venait de s’engouffrer dans le métro tout en laissant sur place l’inconnu de la station Saint Germain, l’inconnu recouvert de son pardessus mouillé. Un inconnu noyé au cœur de la tempête pendant que ruisselait le long de ses jambes à elle, le sperme qu’il avait déposé au cœur de son intimité, le sperme mélangé à sa jouissance à elle, les deux sucs mêlés.

© Claire Ogie & Z.G.

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Lien avec L'homme du métro saint Germain (3) et L'homme du métro saint Germain (1)

jeudi 20 août 2009

L'homme du métro saint Germain (3)

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(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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A mesure qu'il se masturbait, sa tension nerveuse et son angoisse diminuaient.

Patricia s'était à présent matérialisée dans un coin de sa pensée. Il la voyait aussi nettement que si elle était présente à ses côtés. Telle qu'elle était alors, brune élancée avec ses longs cheveux noirs et bouclés qui lui tombaient en cascade au creux des reins. Il la contemplait, comme il le faisait tous les soirs, lorsqu'elle se déshabillait. Elle retirait avec précaution son chemisier qu'elle déposait sur de dossier de la chaise de sa coiffeuse. Puis faisait glisser doucement sa jupe sur ses hanches, en tortillant un peu les fesses pour l'aider à glisser, avant de lui faire rejoindre le corsage. Il avait depuis plusieurs semaines déjà pris l'habitude de s'installer sur le grand lit pour étudier – disait-il – la presse du soir à tête reposée. En réalité, il aurait bien été incapable de relater les événements qu'il était supposé lire. Patricia n'en était pas dupe et savourait ce moment où elle se savait épiée. Elle jouait le jeu en prolongeant ses préparatifs. En sous-vêtements, elle se dirigeait vers sa psyché. Elle retirait alors son soutien-gorge et passait délicatement la main sur le satin du globe de ses seins, comme pour en éprouver la douceur. Sa poitrine était lourde mais ferme. Les courbes de son corps lui sculptaient une taille puis ses hanches s'évasaient en un arrondi semblable à la forme d'une guitare andalouse. Puis elle descendait sa petite culotte bordée de fines dentelles en dévoilant des fesses pulpeuses à souhait. En se baissant, elle mettait en relief sa croupe tendue, et il pouvait entrevoir le sillon de son sexe. Elle examinait sa silhouette irréprochable, prenait des poses, l'air interrogateur. Puis aussitôt après, elle passait devant le lit comme s'il ne se fût pas trouvé là, à moitié caché derrière son journal. D'une démarche souple, elle se dirigeait vers la salle d'eau, exhibant fièrement ses seins généreux à l'aréole foncée et son épaisse toison pubienne.

La main avait accéléré son rythme de va et vient sur le phallus gonflé de désir, dans une cadence aussi rapides que les battements de son cœur. Ses sensations étaient si fortes qu'en fermant complètement les yeux, il lui semblait qu'il respirait encore son parfum. Une odeur obsédante, un peu moite, musquée et poivrée. Oui, c'était bien une fragrance de femme sensuelle qui flattait ses narines. Et c'est alors qu'il sentit une main se poser sur sa main qui astiquait frénétiquement sa verge.

© Claire Ogie & Z.G.

Lien avec L'homme du métro saint Germain (2) et L'homme du métro saint Germain (4 et fin)

mercredi 19 août 2009

L'homme du métro saint Germain (2)

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Franz von Bayros (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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Marine, trentenaire exaspérée par les hommes et leurs promesses bidon déambule d’un pas alerte mais discret dans les couloirs du métro tout en remuant des pensées qui font elles, un bruit assourdissant à ses oreilles.

J’en ai marre, mais qu’est-ce que j’en ai marre de tous ces mecs qui ne font que parler du matin au soir ! Ça parle, ça parle, oh ça pour discuter et avoir la langue bien pendue, ils l’ont ! Mais pour agir, tintin, il n’y a plus personne. Je t’en ficherais moi, des bavards pareils. Et après on ose dire que les femmes sont des pipelettes, c’est à mourir de rire ! Qu’elles feraient bien de tourner leur langue sept fois dans leur bouche, et patati et patata… Mais les femmes, elles, elles agissent sacré bon sang ! Elles savent ce qu’elles veulent ! Oh que oui ! C’est pas comme…

Marine s’arrête net dans son élan et sa diatribe mentale. Elle se trouve à peine à quelques mètres du quai de métro, dans une zone plutôt sombre, mais elle distingue pourtant un corps d’homme à demi allongé sur un siège. Un corps d’homme avec un mouvement de la main sur son bas ventre. Un mouvement de main ouvrant une braguette. Un sexe. Un sexe en érection émergeant du pantalon. Non. Si ! Elle ne rêve pas ! C’est bien d’un sexe d’homme dont il est question ! Un sexe. Un pénis. Un phallus que l’homme accompagne maintenant d’un mouvement de va et vient reconnaissable entre mille. Le souffle court, elle n’ose plus faire un pas. Elle est là, stupéfaite. La peur et le désir mêlés. Marine s’avance encore un peu, un tout petit peu. Juste encore un peu pour mieux voir cet homme sans qu’il s’en aperçoive, sans qu’il la remarque. Encore quelques pas, tout doucement.

Depuis combien de temps est-elle ainsi en manque ? Sans homme ? Elle en a perdu le compte… Tous des baratineurs. Sa respiration se précipite. Tous des menteurs. Elle est là, hypnotisée et paralysée sur place, les yeux braqués sur ce sexe qui s’offre à son regard. Ce sexe qu’elle prendrait bien dans sa bouche. Oh oui. Oui ! Ou non. Un sexe sur lequel elle se planterait. A moins qu’elle n’accompagne sa main, à lui. Oui. Le toucher. Le frôler. Le caresser. S’en saisir. Le gober, l’engloutir. S’empaler dessus. Tout tourne dans sa tête. Les idées se bousculent. Ses sens ont perdus tout sens de la mesure. Elle tremble, là, tout en frottant son avant bras et sa main gauche sur la pointe de ses seins, sa main droite ayant déjà glissée sur sa vulve au travers de sa jupe évasée.

© Claire Ogie & Z.G.

Lien avec L'homme du métro saint Germain (1) et L'homme du métro saint Germain (3).

mardi 18 août 2009

L’homme du métro saint Germain (1)

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(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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L'homme du métro saint Germain.

La soirée était morne et pluvieuse. Les gens se hâtaient de rentrer à l'abri de leurs appartements douillets après une journée de travail. La chaussée luisait sous l'éclairage des réverbères qui venaient de s'allumer et des chenilles colorées des phares de voitures. Peu à peu la rue de Rennes se vidait de ses passants et fut bientôt déserte. Paris était elle devenue une capitale sans âme, sans quiconque à qui parler. Il frissonnait sous les bourrasques de novembre et ses vêtements ruisselaient. Il allongea le pas pour gagner le métro Saint Germain, à quelques centaines de mètres de là.

C'était à l'heure où les employés avaient quitté leurs bureaux et où les soirées du quartier latin n'avaient pas encore débuté. Un moment de calme, une sorte de parenthèse dans la vie trépidante de ce secteur d'ordinaire animé par les étudiants.

Il descendit avec un vrai soulagement les escaliers du métro. Là au moins, il n'aurait pas à redouter la pluie froide, le vent glacé. Il avisa deux sièges jumeaux orange, un peu retirés à l'écart tout au bout du quai. Un néon scintillait en donnant des signes évidents de faiblesse. La lumière qu'il diffusait semblait presque tamisée en comparaison de l'aveuglante lumière que reflétait partout ailleurs le carrelage blanc de la station.

Il retira son pardessus qu'il étala sur le dossier d'un des sièges et se cala au fond de l'autre en allongeant les jambes au maximum et en s'étirant de fatigue. Il n'aurait su dire combien il avait marché. Dans la relative chaleur de la station déserte, il sentait une douce langueur l'envahir. Une sorte de bien-être qui se diffusait doucement dans tout son être. Sa pensée flottait sans retenue et l'image de Patricia se mit à apparaître. Comme à chaque fois que son souvenir s'imposait, il voyait renaître en lui le désir. Machinalement, au gré de son rêve éveillé, les yeux fermés, il commença à se caresser discrètement, les mains dans les poches. Puis son sexe durci réclamait plus que cet attouchement furtif… Il se redressa à demi et inspecta la station dans son ensemble et tendit l'oreille. Aucun bruit de pas. Le vrombissement de la circulation était à peine perceptible. Il défit alors sa braguette et sortit son sexe en érection et commença à se masturber à pleine main…

© Claire Ogie & Z.G.

Lien avec L'homme du métro saint Germain (2)