Des sens

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 21 septembre 2009

Nudité

emilio_grau_sala.jpg

Emilio Grau-Sala

.

Nudité

A la fois transparente et inaccessible, elle ne voulait pas de l’invisibilité totale. Elle cherchait un juste milieu, un jeu de funambule dans lequel elle pourrait se sentir à son aise, toute à son aise. De la nudité, mais pas trop. De l’habillé, du couvert, mais pas trop non plus. Du vestimentaire à l’estime à terre, en recherche permanente de l’impermanence de son estime à ailes.

© Claire Ogie

lundi 7 septembre 2009

Mort de son homme

grossissement_Tom_Poulton.jpgPierre et Lucille avaient passé la plus grande partie de leur vie ensemble. Ils avaient fondé une famille et donné le jour à trois enfants. Après trente ans de vie commune, Pierre se retrouva cloué au lit. Un cancer généralisé s’étant emparé de son corps. En l’espace de quelques semaines, il ne se reconnaissait plus. Juste la peau sur les os, voilà ce que son reflet dans le miroir lui indiquait. Plus d’activité, plus de force, un légume. C’est ainsi qu’il se voyait. Un matin, pourtant, il se réveilla de meilleure humeur. Il n’en revenait pas. Son corps revivait. Il se touchait. Sa virilité était bien là. Il s’agitait dans tous les sens. Pierre appelait sa femme, Lucille. Il était stupéfait. Il n’y croyait plus. Allait-il enfin prendre le dessus sur cette maladie infernale ? Il ne tenait plus en place. Le délire, l’extase, la vie. IL BANDAIT A NOUVEAU !!! Nu, debout, il courait à travers la maison à la recherche de sa femme, à la recherche de son épouse, à la recherche de Lucille.

« Viens chérie, viens, je veux te faire l’amour. Regarde, je suis à nouveau un homme !! » Elle, riant aux éclats pour cacher ses larmes, s’enfuyait devant ce corps décharné qui la poursuivait de ses assiduités. Comment pouvait-il encore vouloir lui faire l’amour ?! Il n’y survivrait pas. Un enfant, un petit garçon, tenant à peine debout, et se redécouvrant homme devant sa femme. Un élan brutal et délirant s’était emparé de lui. Pierre voulait vivre. Son corps le lui criait. Son sexe le déclarait. Il voulait lui prouver, et se prouver à lui-même, qu’il était toujours celui que Lucille avait épousé.

C’était une semaine avant que la flamme de la vie ne le quitte pour toujours.

Aurait-elle dû lui faire l’amour une dernière fois ? Aurait-elle dû lui offrir ce cadeau, cet ultime cadeau ? Que faire dans un tel cas ? Jouer la carte de la raison ou, se jeter corps et âme dans la folie. Partir dans une dernière érection, s’envoler à tout jamais en laissant une femme en larmes derrière lui. Une femme le serrant contre elle, le serrant en elle, bien au chaud, à l’abri du danger. Est-ce cela qu’elle aurait dû faire ? Lui offrir de ce blottir en elle comme un petit oiseau au creux de son nid ? Celui pour qui elle avait vécu, celui qu’elle aimait tellement. Plus jamais, elle ne pourrait vivre sans lui. Plus jamais, Elle ne pourrait se laisser vivre comme avant. Pour elle, le programme était simple. S’effacer. Disparaître, petit à petit. Ne plus exister. S’enfuir, pour le rejoindre. Attention, sans vraiment se suicider aux yeux de tous. On ne fait pas de telles choses. Le suicide est honni. Mais, l’air de rien, à coups de verres de whisky, tout est possible. Le temps. Il lui faudra juste du temps. Ce n’est qu’une question de temps. Dix ans, qu’est-ce que c’est dans une vie ? Un calvaire pour celle qui, pressée d’en finir, ne fait qu’aligner les verres, les bouteilles, et refuse d’ouvrir sa porte aux autres. Sa porte intérieur s’est définitivement fermée, verrouillée depuis la mort de son homme. Plus de place pour le reste, plus d’envie, plus de désir, plus rien. Le néant.

© Claire Ogie

.

(ceci est un ancien texte que j'ai ressorti, en réponse à la discussion avec Valanos dans La femme qui saute)

mercredi 3 juin 2009

La capture de l'oiseau sauvage

zichy-0.jpg

Les deux illustrations sont de Michael Von Zichy (cliquez dessus pour les agrandir).

.

Épingler l’oiseau. Y planter son dard. Le transpercer de toutes parts. En prendre possession. S’en rendre maître le temps d’un battement d’aile pour qu’il ne puisse plus crier qu’un seul mot : ENCORE !!

Épingler l’oiseau, lui donner le goût d’une présence au travers de l’absence. Le marquer au fer rouge. La marque de ceux qui ne sont plus libres. La marque du sang qui coule dans ses veines. La marque du cœur qui bat et prend le pas sur le plumage.

zichyx1.jpg

Épingler l’oiseau. Le rendre désireux des coups de boutoir. Le rendre presque fou à force de chants désespérés. Épingler l’oiseau et l’observer longuement, ses plumes s’agitant au moindre souffle de vent, quitte à souffler soi-même pour savourer les moindres ondulations de son corps torturé.

Épingler l’oiseau, et pousser un long cri avec lui dans un élan convulsif les menant tous deux à l’agonie, le chasseur et son oiseau sauvage.

ENCORE !!

© Claire Ogie

lundi 4 mai 2009

Tendres caresses sous l'eau

f_i_v_damme.jpg

- Je file sous la douche !

- Tu vas te faire belle ?

- Oui... je vais me faire l'amour.

jeudi 16 avril 2009

La potiche

8.jpg

Rojan (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

La potiche

Marc observait Juliette à la dérobée depuis plusieurs jours. Au lycée ils étaient dans la même classe, c’était facile. Mais ce qui était plus compliqué, c’était d’arriver à savoir s’il avait ses chances avec elle ou pas.

Juliette était une fille assez hautaine, tout en étant réservée, discrète. Et en même temps, elle n’avait pas sa langue dans sa poche, ce n’était pas une timide au sens normal du terme.

Par exemple, la semaine précédente, Juliette avait balancé ses quatre vérités à la prof de français. Tout le monde en était resté bouche bée, personne ne s’y attendait. Elle était comme ça Juliette, elle agissait, sans préavis, parce qu’elle trouvait qu’elle en avait assez supporté comme ça, qu’il était temps de remettre un peu d’ordre, de remettre les choses et les gens à leur place. L’effet était foudroyant, la peur et la stupeur se lisant aussitôt dans les yeux de la victime.

Elle était cassante Juliette.

Et puis, après avoir demandé leur avis à plusieurs copains, Marc s’était lancé, il avait invité Juliette à un anniversaire. Et surprise ! elle avait accepté. Il n’en revenait pas.

Ils s’étaient donné rendez-vous devant la gare, il l’attendrait là, avec sa voiture, pour se rendre ensemble jusqu’au lieu des réjouissances. Juliette portait une petite jupe droite et courte, d’un style très classique, sobre, qui mettait ses jambes en valeur, mais qui allait détonner avec le style des amis chez qui ils allaient.

Elle ne faisait jamais comme les autres Juliette. Elle n’aimait pas se fondre dans la masse.

Arrivés sur place, elle s’était installée sur une chaise après avoir souhaité un bon anniversaire à la maîtresse des lieux qu’elle ne connaissait absolument pas. Juliette ne connaissait personne à cette fête.

De la musique plein les oreilles, des gens qui dansent, un groupe de filles qui s’installe à côté d’elle et jacassent sans fin en bavant sur le dos de ceux qui se trémoussent sur la piste de danse, les potins du coin, le dernier prix de la trousse de maquillage, les dernières fringues à la mode. Juliette attendait et observait.

Marc dansait, il lui avait apporté un verre, il lui avait demandé si tout allait bien pour elle.

- Oui, oui, tout va bien. Lui avait-elle répondu.

Elle ne bougeait pas. Une potiche. Juliette faisait la potiche sur sa chaise. Marc ne savait plus quoi faire. Il faisait la navette entre ses amis et cette fille qui avait accepté son invitation sans qu’il sache pourquoi. La soirée était déjà bien entamée, Juliette n’avait toujours pas bougé.

Et puis, après les déchaînements musicaux de différents groupes, arrive enfin un slow. Marc s’approche de Juliette, peut-être que… Il l’invite à danser. Elle accepte. Juliette se lève et se glisse entre les bras de Marc. Va-t-il oser l’embrasser, après un tel début de soirée, il va se prendre une claque en travers de la figure, c’est certain, mais pourquoi a-t-elle accepté son invitation !!??

Il se penche vers elle, ses lèvres effleurent son visage et rencontrent d’autres lèvres qui se tendent vers lui. Un long baiser. Un très long baiser. Un baiser bien trop court, le slow se termine déjà. Il la tient dans ses bras là, ils se sourient.

- On sort ? il y a trop de monde ici.

- Oui.

- Viens.

Ils partent, dans les bras l’un de l’autre. Ils vont se réfugier dans la voiture garée un peu plus loin. C’est l’hiver, il fait froid mais ce n’est pas grave, ils vont se réchauffer. Ils soufflent tous les deux comme des fous en riant pour couvrir les vitres de buée, pour s’enfermer dans leur cocon de métal. Pour se cacher des regards d’autrui avant de s’enlacer pour une danse d’un tout autre genre, une danse qui convient bien mieux à Juliette.

- Mais alors c’est pour ça que tu es venu ? c’est ce que tu attendais ?!

- Mais qu’est-ce que tu croyais !

C'est fou la patience qu'il faut lorsque l'on fait la potiche.

© Claire Ogie

lundi 6 avril 2009

Séduction

Simunek.jpg

(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

Depuis son adolescence Valériana cachait soigneusement la moindre de ses formes. Montrer ce que l’on était, ça ne se faisait pas. S’amusait-on à narguer un crève la faim, un miséreux, avec un repas plantureux auquel il ne pourrait même pas toucher !? lequel, s’il se laissait aller, pourrait d’ailleurs lui coûter la vie. Un excès est si vite arrivé, lorsque l’on a plus l’habitude de manger.

Valériana n’aimait pas se donner en spectacle devant les gens, elle trouvait ça choquant, dégradant, avilissant. Était-il raisonnable de faire un tel remue ménage, tant de bruit, pour prouver notre existence sur cette terre ?! ce qui de plus permettait aux autres de nous juger, les autres sont toujours si prompts au jugement.

Valériana n’était pas à son aise devant des femmes dénudées, forcément, les hommes ne voyaient plus qu’elles ! cela la mettait en danger, elle.

Alors Valériana avait développé un don, une particularité, une qualité autre que celle d’exposer son corps, de jeter son corps en pâture au premier venu. Elle n’avait pas misé sur sa beauté physique, sur son allure, sur son apparence. Non. Elle avait appris à se rendre captivante, elle savait retenir l’attention de tout un chacun.

- Oh dis vite ! comment elle faisait ? c’était quoi son secret ? Dis ! Dis !

- … tu connais déjà la réponse… puisque tu restes là, suspendu à mes lèvres…

© Claire Ogie

vendredi 20 mars 2009

Tendres retrouvailles

im_849_8.jpg

(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

Tendres retrouvailles

- Tu m’as manqué.

- C’est vrai ?

- Oui, tu m’as vraiment beaucoup manqué.

- Et de me retrouver, ça te fait quoi ?

- Ça me fait du bien, ça me remonte le moral.

- Seulement le moral ?

- Oui.

- Menteur, je le vois bien dans tes yeux, je le sens. Et ils s’enlacent amoureusement.

vendredi 13 mars 2009

Du bout des doigts


(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

Du bout des doigts je glisserais bien sur cette rampe...

Du creux de ma main, je la tiendrais, là, tranquillement.

Du dos de ma main, je caresserais votre ventre,

De la paume de mes mains, je malaxerais bien…

Mais non, ni songeons pas, ce n’est pas l’heure à présent.

Quoique, du bout de mes doigts l’envie se fait tentante.

Mais non, il ne faut pas y penser.

Et pourquoi non après tout, quelle idée…

A pleines mains, je partirais bien explorer vos membres.

Visiter votre territoire, les moindres parcelles de votre corps.

Du bout des doigts, je vous effleurerais bien.

Juste effleurer ou vous prendre tout entier, c’est à voir…

Quoique, tout bien réfléchi, je pourrais peut-être vous laisser là, assis…

Assis sur ce siège, et moi à califourchon sur vous ? C'est peut-être une idée ça après tout,

Un début de programme, juste quelques réjouissances…

Du bout des doigts je pourrais bien jouer avec vous…

De tout mon corps je pourrais bien m’enfiler sur cette rampe.

De tout mon corps ou juste du bout des doigts ?

Juste du bout des doigts ou…à pleines mains peut-être…

C’est vous qui voyez, dites-moi…

Et non, c’est moi qui décide,

Toi, tu ne bouges pas !

Que ne fait-on pas avec deux mains et dix doigts…

© Claire Ogie

.

Je me permets de ressortir ce billet qui date du 06/11/2007 et d'y ajouter ce lien vers le podcast que j'avais enregistré le 17/02/2009. Je ne supporte pas vraiment de m'entendre - je me trouve tartignolle au possible - mais comme certain(e)s semblaient apprécier...



mercredi 4 février 2009

Spermothérapie

antique1.jpg

- Docteur, je viens vous voir, j’ai un petit souci.

- Je vous écoute.

- Voilà, mon époux qui est un homme de bien comme vous le savez, ne parle plus que du dernier traitement que vous nous aviez conseillé lors de notre dernière visite. Vous souvenez-vous ?

- Fort bien oui ! vous faites allusion à la spermothérapie je présume.

- En effet ! c’est bien cela, la spermothérapie.

- Le traitement est des plus simples qui soient, un bon équilibre des flux est toujours très revigorant, très sain pour l’organisme et le mental du patient.

- Certes. Pourtant j’ai une petite question à vous poser... Madame hésite, s’agite légèrement, danse d’une fesse à l’autre sur sa chaise.

- Allez-y ! L’encourage le praticien.

- Et bien voilà, il se trouve que mon époux, qui est un homme de bien n’est-ce pas.

- Oui, je n’en doute pas un seul instant. Mais poursuivez, je vous en prie.

- Oui.

- Et donc ?

- Et bien… il me faut vous le dire, il est expert en levrettologie…

- Aaahhhh ! bien ça, très très bien !!!

- Certes.

- Et ?

- Et… et bien peut-être ne suis-je pas tout à fait conforme à la nature humaine, peut-être suis-je difforme ? Oh mon Dieu que suis-je en train de vous dire là… je me sens honteuse docteur… mais enfin voilà, lorsqu’il… enfin lorsque nous… non lorsqu’il… enfin vous me comprenez n’est-ce pas, lorsqu’il me pénètre en levrettologie, et bien je recrache tout dès qu’il s’éloigne.

- Vous recrachez tout.

- Je recrache tout.

- Comment, dites-moi comment vous recrachez tout.

- Oh ! dans un grand bruit de ballon de baudruche crevé docteur… c’est abominable !! à chaque fois je ne sais plus où me mettre…

- …

- Oui, comme un énorme appel d’air qui ferait éjecter toute la semence d'un seul coup. Tout repart à l’envoyeur dans la seconde qui suit.

- Lors d’une séance de levrettorapie dites-vous ?

- Oui docteur.

- …

- C’est grave docteur ?

- Et ça fait beaucoup de bruit dites-vous ?

- Oh oui, comme un ballon qui se dégonfle brutalement je vous dis, c’est tout pareil.

- Il faudrait faire quelques examens… quelques observations… Le sujet est intéressant !

- Oui ? vous pensez pouvoir faire quelque chose docteur ? c’est très contrariant, si vous saviez…

- Ne vous inquiétez plus de rien, je m’occupe de tout. Déshabillez-vous, nous allons étudier cela de plus près. Dit-il en fermant à double tour la porte de son cabinet.

© Claire Ogie

lundi 12 janvier 2009

Virginité

25029795_p.jpg

(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

Mon ami, je dois vous le dire, depuis que vous êtes parti au combat je ne pense plus qu’à vous. Vous êtes sur le front et moi, j’ose penser à un tout autre fond qui vous attend impatiemment, qui vous réclame à corps et à cris.

N’est-ce pas pathétique quand on y pense ?

Vous vous débattez pour sauver votre vie - et celle de notre si belle nation - et moi je me débats avec des pensées qui se cognent dans mon esprit. Quelle incongruité. Oui je sais. Je sais tout cela. Mais il me faut bien vous l’avouer, je ne puis plus longtemps garder ce secret. Garder cette découverte uniquement pour moi est au-dessus de mes forces. Car, quand on y pense, quand on y réfléchit deux minutes, quel égoïsme ce serait ! non, je ne puis décemment m’y résoudre.

Mon ami, je vous le dis, je me suis gardée pour vous, maintenant je le sais.

Il m’en aura fallu du temps avant d’en convenir, mais il est certain, acquis, plus aucun doute sur le sujet, je veux vous faire don de moi, plus précisément d'une partie de moi, d'une partie que personne n’a jamais, au grand jamais, encore touché.

Sachez que cette partie est comme une terre vierge, une terre inconnue, une terre que personne n’aurait encore frôlée, une terre qui ne demande qu’à être défrichée, qui désire connaître le poids du soc, de la charrue, de la vitalité d’un homme qui remplirait là son sillon de sa force virile.

Je suis sereine, je sais votre ardeur doublée de votre douceur. Je vous fais confiance. Je suis à vous.

Mon ami, revenez vite en vie je vous en supplie. Mon con en a vu d’autres avant de vous connaître, mais mon cul vous est offert. Il vous attend !!!

© Claire Ogie

dimanche 30 novembre 2008

Comme un long cri silencieux (1)

ZZ5.jpg

Tom Poulton (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

Pleine de toi,

Emplie de ta présence à chaque instant,

Pleine de ton absence.

Plaine de toi.

.

Lien avec Comme un long cri silencieux (2)

samedi 22 novembre 2008

Le chant des vies

l--origine-de-la-guerre.jpg

Orlan 'L'origine de la guerre" la réponse d'une femme d'aujourd'hui à "L'origine du monde" de Courbet

.

O vit qui te glisse en ton fourreau, dit moi vite à quoi tu penses, comment tu te sens. J’aimerai tant connaître tes moindres secrets, tes plus petites attentes.

On ne vit que de questionnements, on ne vit que du souhait fou de trouver bague à son doigt ou gaine à sa tige ?

O vit, toi qui te dresse si fièrement, toi qui ne cherche qu’à te dresser pour mieux t’enfouir au chaud, à l’abri, bien enserré dans cette enveloppe de chair qui t’attend la bouche ouverte dans un grand cri silencieux, parle, parle encore et encore de tes nombreux exploits d’aventurier. Pénétrer au cœur de ces sombres cavernes, ce n’est pas rien !

Chante tes assauts langoureux d’animal affamé. Clame tes folles poursuites dans ces terres inconnues. Écris de ta sève le long parcours qui te rend à la fois frénétique et délicieusement épuisé.

Parle, parle encore et toujours, donnons-nous le la qui accorde les grottes avides et les vits de tous bois, le chant des vies.

- page 1 de 4