Des sens

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 4 février 2010

Il court, il court, le petit chaperon rouge

loup_motard_et_chaperon_rouge.jpg

(cliquez sur la photo pour l'agrandir)

"En 1951, Francis Blanche projette une adaptation du Petit chaperon rouge. Le titre lui paraissant quelque peu usité, il en choisit un autre : Une fille à croquer."

Extrait du livre Francis Blanche "Pensées, répliques et anecdotes".

Et pour les nouveaux venus, un petit rappel des anciens billets sur ce sujet : Attrape-moi si tu peux ! mais aussi Loup y es-tu ? et enfin L'ingénue... petit chaperon rouge.

samedi 23 janvier 2010

Les cinq sens et leur escorte

im_680_3.jpg

(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

Je suis un œil, dit-il. Ce que d'autres touchent, je le couve, ce que d'autres caressent, je le lorgne, ce que d'autres pétrissent de leurs mains, je le reluque. Mon œil se pourlèche, se délecte et furète ; mon œil lape, fouine et gobe, il enrobe et il dérobe. Je suis un œil, petite ! Laisse mon œil trotter à tes basques ! Tu laisses bien, aussi, le vent jouer dans tes jupes, le feu te rosir les joues devant l'âtre, l'eau clapoter sur ta peau, les fruits fondre sur ta langue, l'odeur des bois t'emplir les narines. Des flux te traversent de part en part : le respiré, le mangé, le bu ; ton corps est la croisée des chemins. Y passent, besace au dos, les cinq sens et leur escorte : tout ce que tu vois et tout ce qui te regarde ; ce que tu goûtes et qui te goûte ; ce que tu flaires et qui te flaire ; ce que tu palpes et qui te palpe, ce que tu entends et qui t'écoute. Corps de Milena ! Moulin ouvert à tous les vents ! Seul, mon œil serait de trop !

im_543_76.jpg

Passage du livre de Christiane Singer "La guerre des filles".

mardi 19 janvier 2010

La joueuse de flûte

jeune_a_la_flute_de_jade.jpg

Jeune fille à la flûte de jade (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

Les mots, les idées, les demandes, cachés sous la toile :

La jeune fille joue de la flûte de jade.

Allusion érotique de la fellation.

Le prunier en fleur représente l'amant.

Et le ruisseau qui coule, la semence.

.

"Me voici pure attente, où es-tu claire cascade ? Il suffit que tu viennes, pour que soit mélodie." François Cheng.

En lien avec Langage caché de la littérature et de la peinture chinoise.

lundi 16 novembre 2009

Comment prendre soin de ses oeufs

rowlandson.jpg

Thomas Rowlandson (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

Pastorale

Belles dames, écoutez ça,

J’en frissonne.

Vous m’direz qu’y a pas

D’quoi faire peur à un’jeun’ personne !

J’suis la nièce de Mathurin,

L’mari à la Mathurine.

C’est moi qui vais chaqu’ matin

Vend’nos œufs à la voisine.

Un matin donc, j’m’y en allais.

La vieille Mathurine, ma bonn’tante

Avait mis plein des œufs frais

Dans l’panier de vot’ servante.

Au moment des adieux,

Elle m’avait, conseil de prudence,

Dit de n’pas trop secouer les œufs

Et d’prendre garde à mon innocence.

J’me mets en chemin.

Les oiseaux chantiont à tue-tête

Et moi tout’ gaie et foll’un brin,

J’chantions aussi comm’une grosse bête.

Mais v’la qu’en sortant du p’tit bois,

V’la qu’en dévalant dans la plaine,

J’vois un dragon, puis trois,

Puis dix, vingt, et une centaine,

Puis tout l’ régiment. L’émotion

M’prend alors d’une drôle de manière ;

Pourtant, j’continue ma chanson.

Mais en chantant, j’n’étais pas fière.

Je marchais en baissant les yeux

Et m’disais, f’sons bonne cont’nance :

« Tachons d’pas casser les œufs

Et d’sauver mon innocence. »

D’abord, ça n’allait pas trop mal.

Les soldats s’contentaient d’sourire

Mais tout à coup, sur un signal

Plus vite qu’j’ne saurions vous l’dire,

V’la l’régiment qui fait d’mi-tour

Et les officiers en tête

Qui s’mettent à m’parler d’amour

Avec accompagn’ment d’trompette :

« Ta ra ta ta ! La jolie fille,

Où donc que vous allez comme ça ?

Ta ra ta ta ! Soyez gentille…

Psitt par ici, psitt, psitt, par là. »

Le danger devenant sérieux,

Moi, qui flairais la manigance,

J’me dis : « Quitte à casser des œufs,

Il faut qu’j’sauve mon innocence ! »

J’prends ma course, malgré mon effroi,

J’allais, j’allais, fallait voir comme…

Mais tout le régiment suivait derrièr’moi

S’met à courir comme un seul homme !

Ah ! pour un’fille qu’a d’l’honnêteté,

Quel tourment d’être poursuivie

Dans la campagne, un jour d’été,

Par un régiment d’caval’rie !

Je cours, un grand va m’attraper ;

J’lui lance des œufs à la tête

Et j’le laisse se débarbouiller

Tout à son aise dans son omelette.

A vot’ porte, j’arrive avant eux.

Je frappe. On ouvre, Je m’élance…

J’ai cassé deux douzaines d’œufs,

Mais j’ai sauvé mon innocence !

.

D’après Meilhac et Halévy, « le petit duc », acte II (merci Charles !!)

mardi 3 novembre 2009

Démonstrations galantes

nature-6.jpg

« Les garçons du village X…prouvaient souvent aux femmes du pays qu’ils les trouvaient de leur goût, et le curé ne pouvant parvenir à empêcher ces démonstrations aussi galantes que naturelles, résolut de les utiliser au profit de la prospérité générale. Il imposa donc comme pénitence à toute femme qui avait failli de planter un noyer sur le communal. Et l’on vit chaque nuit des lanternes errer comme des feux follets sur la colline, car les coupables ne tenaient guère à faire en plein jour leur pénitence.

nature.jpg

En deux ans il n’y eut plus de place sur les terrains appartenant au village ; et on compte aujourd’hui plus de trois mille arbres magnifiques autour du clocher qui sonne les offices dans leur feuillage. »

nature_1.jpg

Passage du conte de Maupassant "Mes 25 jours"

mercredi 23 septembre 2009

Femme et/ou sorcière, toujours et encore...

Bellelibertine3_lucien_fontanarosa.jpg

"Belle libertine" Lucien Fontanarosa

.

"Sorcière :

1/ Horrible et repoussante vieille femme, en perverse activité avec le diable.

2/ Belle et attirante jeune personne, dont les perverses activités dépassent le diable." Ambrose Bierce.

vendredi 18 septembre 2009

Paroles d'une fendue : Alina Reyes

tom_poulton.jpg

Tom Poulton

.

"Dans la forêt profonde, il y a des sorcières, elles font des sabbats, lèchent le cul du diable. Il y a des faunes et des satyres, et des nymphes qu'ils tirent. Il y a une rivière avec des vouivres tout au fond qui attirent les hommes pour leur sucer la queue. Il y a de la fureur, dans ma forêt profonde, et il a bon goût, le cul du diable. Mais je n'ai pas le droit. Pas le droit, cette nuit."

"C'est nous qui sommes fendues, mais ce sont eux qui sont blessés. Pourquoi les hommes ont-ils en eux cette douleur inextinguible qu'ils doivent calmer à coups de drogues et de violence ?"

Delvau3.jpg

Dictionnaire érotique moderne d'Alfred Delvau (pour extraits)

.

"Toute femme est un homme qui a sa femme en elle, une femme pour qui elle bande tant qu'elle ne sait si elle doit la cacher ou la donner à tout venant..."

Passages de "Sept nuits" d'Alina Reyes.

mercredi 9 septembre 2009

Daphnis et Chloé

Daphnis3.jpg

Daphnis et Chloé (eau forte de Champollion)

.

Et Chloé lui demandant ce qu'il y pouvait avoir outre se baiser, s'embrasser et se coucher tout vêtus, et ce qu'il pensoit faire plus quand il seroient couchés nus ?

Cela, lui dit-il, que les beliers font aux brebis et les boucs aux chèvres. Vois-tu comment après cela les brebis ne s'enfuient plus, ni les beliers ne se travaillent plus à courir après, mais paissent ensemble, comme étant l'un et l'autre assouvis et contents ; et doit bien être quelque chose plus douce que ce que nous faisons, et dont la douceur surpasse l'amertume d'amour.

.

Longus.

jeudi 3 septembre 2009

La femme qui saute

Un texte pour moi savoureux, tellement savoureux que je me suis amusée à le lire à haute voix, et une question essentielle : "La femme qui saute" extrait du Bric-à-brac de l'amour d'Octave Uzanne.

bric_a_brac_de_l_amour.jpg

(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

Je me suis souvent demandé, conclut mon ami Gérard, en terminant ce récit débité à fond de train comme une charge de cavalerie, si la vengeance du capitaine n’était pas idéalement douce et délicieuse dans sa cruauté apparente. Mourir en s’adorant, dans l’ivresse des sensations intimes, mourir en pleine vitalité, ravi d’extase, dans un spasme, n’est-ce pas une destinée sublime et digne d’envie ? n’est-ce pas, comme l’a dit un ravissant poète, « emporter avec soi toutes ses illusions, s’ensevelir comme un Roi d’Orient avec ses pierreries et ses trésors, avec toute la fortune humaine ? »

Et si cela vous dit, "La femme qui saute" est à écouter sur podcast !



samedi 22 août 2009

Partition musicale, partition des sens

partition_musicale.jpg

"Notre époque ne fait plus de musique. Elle camoufle par du bruit la solitude des hommes en leur donnant à entendre ce qu'elle croit être de la musique." Jacques Attali.

Je sais, ce n'est pas bien, il ne faut pas, et pourtant je vais tout de même le faire, détourner une fois de plus le sens premier d'une citation ; car à la lumière de cette illustration, ces mots ont pour moi un sens autre qui me frappe de son évidence.

Mais ceci n'est que ma vérité ! et pas forcément la vôtre, nous sommes d'accord sur ce point.

mercredi 24 juin 2009

Quand une souris rencontre une autre souris...

1239742896_105toon2618.jpg

(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

C'est fou comme les mots peuvent prendre une curieuse signification à la lumière de ce dessin ! autant de façons de jouer avec eux, à défaut de jouer au chat et à la souris :

"Jamais la souris ne confie sa destinée à un seul trou." Plaute.

"Peu importe que le chat soit gris ou noir pourvu qu'il attrape les souris." Deng Xiaoping.

"L'homme moderne communique souvent mieux avec sa souris qu'avec sa langue." Paul Carvel.

lundi 1 juin 2009

Ta compagne

z06.jpg

Michael von Zichy (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

Mais il est vrai que la plus rare offrande est celle que tu mets à jour dans mes profondeurs. La permission d'être moi-même. Le loisir de vivre. Tu m'évides comme on fait d'une branche pour en façonner une flûte, et tu polis ma chair au-dedans, pour qu'elle réfléchisse le soleil. Instrument accordé, miroir éclairci... Tu me rends sensible, attentive à moi-même, gourmande de ma vie même... Vibrante, vivante... (...)

« Je t’accompagne désormais » - Comme ton ombre... (Et cela peut s'écrire encore : Je : Ta compagne... ! mon ami fûté...)

S'il te plaît...

« Baise m’encore »

.

Mireille Sorgue Lettres à l'amant.

- page 1 de 5