Des sens

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jeudi 1 avril 2010

Suprêmes ivresses

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Un ancien texte déjà mis sur ce blog il y a environ un an, mais je l'aime bien, alors... (et merci à Camille MM pour la découverte d'Albert Hendschel !).

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Albert Hendschel (1834-1883), cliquez sur les illustrations pour les agrandir.

Raffinement

Quand ils eurent goûté les suprêmes ivresses,

Ils cachèrent leurs corps, meurtris par les caresses,

Sous les draps qui fleuraient la lavande et la peau,

Et, les yeux fermés, les bras formant étau,

Leurs êtres lentement, sous l'ardeur des étreintes,

Sentir se rallumer les voluptés éteintes.

<< - Recommençons >>, dit-il ; et, le sourire aux dents,

La femme murmura tout bas des mots ardents.

Puis, doux comme un soupir, de sa bouchette rose

S'exhalèrent ces mots : << Non ! cherchons autre chose. >>

Et, comme lui, naïf la regardait, béat...

<< - Tu ne devines pas ? ...donne ta langue au chat. >>

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Anonyme (1900)

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mardi 23 mars 2010

Cérémonie du thé

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Je me souviens des après-midi entre femmes dans notre grande maison à Fès. Elles se réunissaient pour boire du thé tout en préparant des gâteaux. Elles riaient, plaisantaient, disaient des gros mots oubliant que j'étais là ; je faisais semblant de dormir. Elles évoquaient le sexe des hommes. Certaines se levaient et dansaient. Ma mère était très pudique. Sa sœur cadette était plus effrontée. Avec la pâte d'amandes pour les cornes de gazelle, elle a sculpté un gros pénis et ses testicules, l'a roulé dans la farine et l'a envoyé au four. Les femmes se disputèrent pour le manger. Je riais en douce dans mon coin.

Passage du livre de Tahar Ben Jelloun "Sur ma mère".

lundi 22 mars 2010

Le désir comme une célébration de la joie d'être

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Konarak (cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Tant que le désir sexuel s'apparente à une tension qui cherche à se libérer, cela reste au niveau de la pornographie. Mais quand le désir s'est affiné, en devenant une offrande, le désir sexuel n'est plus un désir sexuel, il se transforme en une célébration de la joie d'être. À ce moment-là, l'érotisme peut prendre son envol, tout ce que vous voyez dans la sculpture de l'Inde trouve vraiment son sens. L'érotisme n'est pas un moyen mais l'aboutissement d'une sensibilité.

Passage du livre d'Éric Baret "Le Sacre du Dragon vert".

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Et lien galerie sur l'art érotique en Inde.

mercredi 17 mars 2010

Une nouvelle pause blog à durée indéterminée

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(cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Je m'éclipse une fois de plus. Pendant mon absence je vous laisse batifoler dans les articles de ce lieu - ce n'est pas ce qui manque -, ainsi que les nombreuses galeries d'illustrations !

Et à ce propos, celle concernant Léda et le cygne a été mise à jours il y a peu de temps, ainsi qu'une nouvelle galerie, celle de Guan Zeju, entre autre, alors, si le cœur vous en dit...

Bonne continuation à tous !

lundi 15 mars 2010

La première femme

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Elle, 1905 - Gustav-Adolf Mossa (cliquez sur les illustrations pour les agrandir)

Lilith

Au commencement, lorsque Dieu créa le ciel et la terre, un grand esprit noir planait sur les eaux... Il ressemblait à un oiseau nocturne aux longs cheveux dont les cris trouent l'espace.

Au commencement, avant la création d'Ève, il y eut Lilith, mais l'homme fit tout pour l'oublier et ne pas même mentionner son nom. Lilith, démone obscure, fut rangée au nombre des cauchemars, des frayeurs enfantines, des fantasmes d'homme mûr. On l'accusa de rapts et de meurtres d'enfants, on lui inventa une face horrible et noire, tout en la qualifiant de séductrice. Lilith rejoignit la nuit du grand commencement, l'oubli de la raison humaine. Elle demeura le secret de la nuit et de toute genèse.

Elle était - mais on le dit si peu - la première femme, créée en même temps qu'Adam ; et dans ce premier couple humain l'égalité devait régner en tous points, selon le désir du Créateur. Mais voici : Lilith était susceptible et Adam fort buté. Ils se querellèrent, pour "avoir le dessus" en faisant l'amour : qui "dominerait" l'autre ?...

Le conflit naquit-il de l'acte d'amour ou d'un goût du pouvoir ? Comme chacun refusait de se soumettre, d'être en position inférieure, Lilith s'envola à tire-d'aile loin de ce faux paradis. Adam cria, pleura après sa femme enfuie, il fit une requête pressante auprès du Créateur mais, malgré trois anges dépêchés à sa recherche, Lilith ne revint jamais au foyer conjugal prétendument édénique. Elle préférait la nuit, ses grandes ailes, la liberté, l'espace. On dit aussi qu'elle s'acoquina avec Samael, ange de ténèbres, préférant les frissons de la passion maudite à un bonheur sans problème et sans imagination vécu auprès de (c'est-à-dire sous) Adam.

Peut-être fut-ce elle, la femme irremplaçable, qui revint sous forme de serpent tenter Ève, la seconde épouse.

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Elle est reine de la nuit, elle a les démons pour compagnons et elle doit vivre longtemps, Lilith, très longtemps, jusqu'au Jugement dernier.

Les hommes ont voulu la chasser de leur mémoire, de leurs écrits. Ils n'ont voulu retenir que l'épouse fidèle et la mère des vivants, Eve, et non Lilith l'insoumise.

Et pourtant, elle hante les rêves des poètes et elle sert la vengeance divine, aidant à la destruction des méchants.

Le Livre saint ne la mentionne qu'une fois, par bouche menaçante du prophète Isaïe. De la à imaginer que Lilith serait l'unique Femme, comme il y a pour le peuple d'Israël un Dieu unique dont on doit taire le nom...

Passage du livre de Jacqueline Kelen "Les Femmes de la Bible".

dimanche 14 mars 2010

Une nuit d'androgyne

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Antoine Borel (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

Sarra

La jeune Sarra vit depuis des années une épreuve épouvantable autant qu'incompréhensible : tous ses maris meurent le soir même des noces. Chacun - il y en eut sept en tout - l'a donc laissé vierge et veuve à la fois. Était-ce magie, agissements du Diable, ou plan prévu par Dieu qui réservait à la douce Sarra d'Ecbatane le jeune Tobie de Ninive ?...

Elle n'en peut plus, Sarra. Un sort pèse sur elle. Elle va passer pour une manthe religieuse, une sorcière, une fille maudite... Dans le jardin, sept tombes déjà ont été creusées. Sarra pleure et n'y croit plus : ni à la rencontre, ni à des noces sûres.

Anna, sa mère, garde confiance. Elle discerne le sens que recèle l'épreuve : les noces étaient prématurées : ce n'était pas lui (le premier ou le septième), le mari destiné à Sarra. le Tout-Puissant a parfois une façon un peu expéditive d'éliminer les prétendants ou ceux qui osent contrecarrer ses plans.

Lorsque Tobie, guidé par l'ange Raphaël et suivi de son brave chien, arriva à Ecbatane dans la maison de Sarra, il aima tout de suite la jeune vierge et elle Sarra, comprit en un regard que Tobie lui était destiné, que c'est lui qu'elle avait attendu depuis si longtemps, lui qu'elle avait appelé pendant ses moments de désespoir.

Et la nuit de noces se passa sans qu'une tombe supplémentaire fût remplie (pourtant les parents, prévoyants avaient commencé à la tombée du jour à en creuser une huitième). Ce fut une nuit douce et heureuse grâce aux conseils de l'ange, grâce aux prières d'Edna, et grâce aux parfums qui brûlaient dans la cassolette et qui firent éternuer puis partir le démon.

Sarra n'était plus enfermée dans sa virginité. Elle n'était plus veuve de sept maris fantômes. C'était une jeune épousée aux joues roses, au regard brillant. Côté cœur, côté corps, les deux moitiés étaient réajustées. Sarra et Tobie venaient de passer une nuit d'androgyne.

Passage du livre de Jacqueline Kelen "Les Femmes de la Bible".

jeudi 11 mars 2010

La vérité de la vie est en graine de piment

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Miscellanea d'alchimia (Biblioteca Medicea Laurenziana di Firenze, Codex Ashburnham 1166, folio 16)

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"Rien ne vaut la force de l'amour de l'homme pour sa terre, sa forêt, ses fleuves, ses montagnes, ses rochers, ses arbres, ses oiseaux, ses pierres."

"La vérité de la vie est en graine de piment."

"Quelle ombre, quel feuillage, quel fruit peut encore donner l'arbre abattu ?"

"On ne fuit pas le ciel : partout où l'on passe, il est au dessus de nos têtes."

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Les quatre citations sont de Jean-Marie Adiaffi dans "La carte d'identité".

mercredi 10 mars 2010

Le jour où tous ces doux minous bondiraient vers le ciel

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"Vers libres" de Radiguet (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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Le soleil brillait, l'air était frais mais peuplé de brises tièdes, les gens avaient l'air gai, et il me sembla que toute cette allègre atmosphère allait se précipiter sous ta robe, la gonfler comme un ballon captif, la retourner comme un parapluie, découvrant un bas-ventre qui serait forcément nu et que tu t'envolerais au milieu des rires et des cris de terreur ravie, tu lâcherais les bagages comme des sacs de sable dans les romans de Jules Verne, tu t'élèverais doucement dans le ciel, sans que je puisse te retenir par une ficelle, je renverserais la tête pour mieux voir tes entrées par en-dessous, tes jambes de nageuse pédalant dans le ciel, le haut du corps caché par la corolle blanche de la robe et puis, nouveaux hauts cris, ce serait le tour de la marchande de quatre saisons, ses grands yeux noirs, son visage aux beaux méplats disparaîtraient dans l'entonnoir de sa jupe à ramages soudain relevée vers le ciel, et le tablier bleu, en partie détaché, flotterait comme un oriflamme derrière elle tandis qu'elle s'élèverait au-dessus des aubergines noires comme la mort et des abricots doux comme des joues. La marchande non plus ne porterait pas de culotte, et tout le monde pourrait voir que c'est une vraie brune, et puis suivrait la directrice d'école, tout aussi déculottée et plus d'un élève serait là pour la révélation trop tardive et fugace de sa touffe quinquagénaire s'éloignant et encore deux trois quatre passantes, et même la dame de la laverie, avec ses jambonneaux et son mont chauve, et la petite vieille en train d'acheter un concombre : on ne verrait bientôt plus que lui brandi par-dessus le rebord soulevé haut de sa robe de veuve, en décollant elle nous révèlerait entre ses genoux cagneux à quel point par là elle était bien conservée et l'on comprendrait aussitôt son hygiénique secret : dès les premiers beaux jours, depuis 1944, mettre sa vulve à l'air libre, et aussi la lycéenne en minijupe et toutes, craquettes parfaites à leurs premières galipettes, chattes musclées au long d'innombrables gouttières, organes blanchis sous le harnais aux longues lèvres lissées d'usures, tous ces doux minous bondiraient vers le ciel, toutes les sans-culottes de la rue - quelle surprise, qui eût cru qu'il y en eût tant ? - toutes les sans-culottes auraient le privilèges de s'envoler en premier, après viendraient les culottées, et l'on verrait beaucoup de "Petit Bateau" naviguer dans le ciel, et aussi de la dentelle noire, des strings, des choses ajourées, le catalogue des petites perversions pépères par correspondance, et enfin les grosses culottes roses, ces espèces d'infects sacs nylon assortis aux terrifiantes gaines auraient bien du mal à s'élever, et toutes ces dames, les impudiques et les autres rejoindraient sur les toits leurs hommes en train de marner pour retrouver sous les tuiles la plage, et l'on s'étreindrait sur le sable chaud, seules resteraient en bas, bien seules, bien fait, les femmes en pantalon.

Passage de "Je te dirai tout" de Serge QUADRUPPANI ( grand merci Lo !)

lundi 1 mars 2010

Musée secret

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Praxitèle « Vénus de Cnide » (cliquez sur les photos pour les agrandir)

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Musée Secret

Des déesses et des mortelles

Quand ils font voir les charmes nus,

Les sculpteurs grecs plument les ailes

De la colombe de Vénus.

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Sous leur ciseau s'envole et tombe

Ce doux manteau qui la revêt,

Et sur son nid froid la colombe

Tremble sans plume et sans duvet

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O grands païens, je vous pardonne;

Les Grecs enlevant au contour

Le fin coton que Dieu lui donne,

Ôtaient son mystère à l'amour.

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Mais nos peintres, tondant leurs toiles

Comme des marbres de Paros,

Fauchent sur les beaux corps sans voiles

Le gazon où s'assied Éros.

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Théophile Gautier in Lettres à la Présidente, Ed l'Or du Temps, 1968

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(petite précision, j'ai choisi exprès une photo d'une jeune demoiselle, d'une adolescente, juste pour montrer combien la "chasse" aux poils est précoce...)

Voir la page de Pierre Griffet au sujet de "Le regard d'un homme féministe sur les poils des femmes, symboles de leur féminité".

vendredi 26 février 2010

Souffrir pour être belle

Vous souvenez-vous de ce billet ? Un de mes coups de gueule : Que voyez-vous ici, un côté SM, une dénonciation, ou autre chose encore ? Eh bien je suis ravie de découvrir une vidéo qui met également les "pieds", si je puis me permettre, dans le même plat que moi.


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Je ne sais pas vous, mais cela me donne la nausée. Et que des photographes utilisent cela pour "érotiser" soit-disant les femmes, sculpter le corps féminin, arff... une abomination de plus.

La nuit mène une existence obscure

Une découverte pour moi cette vidéo sensuelle, pleine de rêve, et si envoutante de Nicolas Repac.


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Quand la lune n'est pas là... la nuit mène une existence... obscure.


dimanche 21 février 2010

Virilité

A plusieurs reprises il a été question de la virilité sur ce blog. La virilité sous plusieurs aspects. Le côté coquin avec Sous les jupes des garçons, le côté plus pratique avec Où sont passés nos hommes ?

Aujourd'hui j'ai envie de vous présenter le côté musical, sens auditif et visuel, puisque je vous propose deux vidéos.


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Le rythme et la force du tambour faisant battre nos cœurs et clamant à merveille la vie et la virilité de ceux qui en jouent. L'entendez-vous ? le sentez-vous...

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