Le con et le vit, dialogue
Par Claire Ogie le lundi 8 décembre 2008, 10:47 - Mots des autres - Lien permanent

LE C... Doucement, doucement...
LE V... N'ayez point peur, je ne pose point à terre; je suis tout en l'air,
LE C... Bon. C'est que si ma maîtresse s'éveillait, tout serait perdu. La circonstance est favorable, elle a les cuisses écartées, la couverture est tombée dans la ruelle; je suis au bord du lit, le drap est relevé; la lampe est vis-à-vis de moi : avancez
LE V... Me voilà.
LE C... Ciel !
LE V... Ah! Dieux!
LE C... C'est donc là ce qu'on appelle un V... !
LE V... Oui, cher petit C... d'Amour.
LE C... Je mourais d'envie d'en voir un.
LE V... Ce n'est rien de me voir, c'est tout de me sentir.
LE C... Comme vous remuez! comme vous grandissez! Que c'est drôle!
LE v... (s'approchant.) Si j'osais...
LE C... Ne me touchez pas.
LE V... Ô Nature !
LE C... Les grosses veines!
LE V... Le joli poil!
LE C... Vous en avez aussi.
LE V... Le dessus, le dessous, les environs... Il n'y a rien comme cela.
LE C... Vous en dites, peut-être, autant au premier de mes semblables.
LE V... Vous n'avez point de semblables; non, d'honneur.
LE C... "D'honneur"! Quoi, vous connaissez ce monstre! Il me fait bougrement enrager, ainsi que je ne sais quels autres foutus mots de "sagesse", "devoir" et "vertu", que ma chienne de maîtresse a toujours à la bouche, viande creuse, dont je ne puis me repaître, moi.
LE V... Que je vous aime de cette humeur! en parlant votre langue et la mienne, vous me donnez une liberté qui m'enchante, car je ne suis foutre que trop gêné de bander si roide, et de ne pouvoir que vous regarder... Gentil conaut! "Extase et décharge", c'est en effet ce qui nous convient, le reste nous est étranger... Tutoyons-nous, mon charmant petit abricot; loin de nous ces compliments d'usage entre MM. les quarante; notre société de deux-à-deux ne recherche, ne savoure que le plaisir, et se fout de la cérémonie. Hélas! quand Hortense cessera-t-elle d'être dupe? Je m'aperçois heureusement qu'elle étend ses soins voluptueux jusqu'à toi. Je te flaire avec transport, je deviens dur comme fer à l'odeur suave que tu exhales. Écoute! tu peux beaucoup sur cette âme rebelle : chaque fois que tu seras sur l'autel de la propreté, autrement le Bidet, ouvre à l'éponge tes lèvres vermeilles et sensibles, ainsi qu'au soufle caressant du zéphyr s'épanouit une rose : presse-les amoureusement contre la main qui les baigne et les essuie, tu comuniqueras à leur son corps tes douces agitations, tu ébranleras ses sens, tu y porteras tour à tour l'ivresse, l'égarement, l'incendie et le ravage. Il est essentiel de lui développer tous les miraculeux ressorts de ta céleste mécanique... Foutre! entends-tu comme je te chante! Je ne suis pas le V... d'un sot; non, j'ai un feu extraordinaire, tel qu'un vigoureux coursier, je bondis et j'écume en ta présence.
LE C... Parle donc plus bas; ma maîtresse vient de soupirer.
LE V... Je la ferais soupirer bien autrement, de par tous les diables.
LE C... Ta vue et tes paroles me brûlent, me sèchent.
LE V... Attends, que je te rafraîchisse, que je t'humecte un peu...
LE C... Ouf!... tu ne pourras jamais... Haye!... ah! ah! ah!... ouf!... arrête... rien qu'à l'entrée, je t'en prie... là... ah!... ah!... comme un ange.
ENSEMBLE:
LE C... Ah!... ah!.., ah!... ah!... Ah!... ah!... délicieux! Ah... ah!... je meurs. Ah!................ah! LE V ... Oh!... oh!... oh!... oh!. Oh!... oh!... ah! foutre! oh!... oh!.., divin!... Ah!... ah!... ah!
LE V... (après une longue respiration de part et d'autre.) Eh bien?
LE C... C'est ravissant!
LE V... Ce n'est pourtant qu'une ébauche de la jouissance.
LE C... Elle a fait impression sur ma maîtresse, qui vraisemblablement la prendra pour un rêve, et un rêve de cette sorte conduit quelquefois à la réalité. Que ton maître continue ses visites, qu'il règle constamment ses goûts sur les siens, qu'il la sollicite à propos; je me charge du reste : mais point d'infidélités.
LE V... Que je perde mes couilles (ce sont ces boulettes que tu vois) si dorénavant je vas et viens autre part que dans cette petite niche. Hortense a, dit-on, de l'esprit, des grâces, enfin toutes les pretintailles qui touchent au coeur; Dorante n'est pas mal pourvu de ces jolies drogues, à en juger par l'exercice qu'il me donnait avant de la connaître; il a renoncé à toutes les femmes pour elle; s'il a le bonheur de triompher de celle-ci, tu sentiras, pour parler comme lui, quel charme le consentement de la personne qu'on aime ajoute au plaisir.
LE C... Je n'en aurais, toute ma vie, d'autres que celui que je viens de goûter, qu'il me suffirait.
LE V... Je ne dis point cela.
LE C... On s'agite, on se retourne, la pointe du jour paraît; retire-toi.
LE V... Autant la mort. Je suis fâché, à cette heure, d'être venu... Le beau petit portail...
LE C... Allons, va-t'en. Adieu, mon joujou.
LE V... Adieu, ma motte.
LE C... Adieu, mon lingot.
LE V... Adieu, ma toison.
LE C... Au revoir, mon grand coquin.
LE V... Petit Jean-Foutre! Je t'avalerai si j'avais une bouche... Adieu mon rat.
LE C... Adieu ma queue.
L'Arétin François (François-Félix Nogaret) :"Les épices de Vénus" (1787).
(Texte que j'avais découvert chez Salmacis, et que j'avais tout simplement adoré, merci à lui)

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"Un chant d'amour est comme une caresse mise en musique." Sigmund Romberg.
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"Ses baisers laissaient à désirer...son corps tout entier." Woody Allen.
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"La séduction est de l'ordre du rituel, le sexe et le désir de l'ordre du naturel." Jean Baudrillard.
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"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu." Chamfort.
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"L'unique règle de plaire est de trouver un appétit que l'on a laissé affamé. S'il le faut provoquer, que ce soit plutôt par l'impatience du désir que par dégoût de la jouissance." Baltasar Gracia Y Morales.
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"Plus l'amour est nu, moins il a froid." John Owen.
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"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal.
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"Le sexe masculin est ce qu'il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève." Frédéric Dard.
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"La vie sexuelle de chacun est en partie composée de fantasmes, en partie inspirée de modèles littéraires, de mythes, d'histoires ainsi que d'images et de films." David Lodge.
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Commentaires
Manquerait plus que ce dialogue savoureux en dessins animés, mdrrrr... Bises libertines.
j'aime ce que tu fais et j'aime aussi les couleurs de ton nouveau blog la douceur invite à la détente. merci à toi pour tes sources d'imaginations.
Ha... On se sent mieux par ici !
Voilà un dialogue qui est tout à fait à mon goût et qui mérite d'être prolongé...
Bises, chère Claire.
Hihi, je note tout de même une certaine fixation sur les créatures ailées dans tes billets récents ;-)...
Serait ce qu'il est convenu d'appeler les ailes du désir ? ;-)...
Ce matin je t'ai ecrit un commentaire qui n'est pas passe... Enfin je disais simplement que je suis heureux pour toi que tu aies trouve ce nouveau lieu. J'espere que le demenagement n'a pas ete trop penible et que le feng shui de celui-ci te porte bonheur et succes. Mais que ne ferait-on pas pour fuir cette publicite qui s'insinue jusque sur nos sous-vetements?
A bientot.
Je crois que :****************************** Double-cliquez de n'importe où sur ce blog pour remonter en haut de page.
ne marche pas sur Gandi.
Que sont ces images qui sont en bas a gauche? On dirait des scenes d'un film.
@ Valmont, en dessins animés ? il faudrait peut-être suggérer l'idée à qui de droit, ça nous ferait de belles réjouissances en vue.
@ Michèle, merci, contente que cela te plaise. :o)
@ Sultan, oui, un peu d'air, d'oxygène, j'ai bien cru que j'allais étouffer sur place, là je respire nettement mieux.
Prolonger le dialogue de ce charmant duo ? c'est bien mon intention.
@ doigt de miel, c'est vrai, oui, il y a un je ne sais quoi qui m'attire en ce moment vers des créatures ailées... sans doute un besoin que quelque chose s'approche de moi... lol
@ Bernard, oui c'est fou ce besoin de mettre de la pub partout ! moi j'ai ressenti cela comme une violation de domicile ; une bande serait passée et aurait tout saccagée. Sauf que là, la bande en question, c'était l'hébergeur... :o(
Le double cliquez pour remonter en haut de page fonctionne pourtant bien à chaque fois que je l'utilise, peut-être un problème passagé ? en tous cas là ça marche.
Alors oui, les dernières images je les ai trouvés sur wikipédia, elles sont tirées d'un film autrichien de Johann Schwarzer fait en 1906 :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:...
Je suis sous le charme. Je le mets de côté car mon immagination fertile vient me crier l'halali, si je puis me permettre
C'est quoi au juste qui provoque de tels troubles, le texte ou l'illustration ? peut-être bien les deux...
Puisque tu aimes ce genre de "con-vit-alogue", j'en avais retenu un autre en attente d'illustration
, je te laisse le déguster mais je ne connais pas
son auteur:
Vous savez tous qu’autrefois,
Au Japon comme en France,
Le trou du cul avec le con,
Vivaient d’intelligence.
Voulez-vous savoir la raison,
La faridondaine, la faridondon,
Qui les a rendus ennemis,
A la façon de Barbari, mon ami.
Le trou du cul, plein de fierté,
Disait dans son language :
"Foutras-tu toujours sous mon nez
Et dans mon voisinage ?
Comme toi ne suis-je pas bon,
A recevoir aussi le vit"...
En entendant ceci, du con,
Grande fut sa colère.
Il en supprima, dit-on,
Les règles ordinaires :
"Tais-toi", dit-il, "foutu cochon,
Tu n’es bon qu’à salir le vit"...
"C’est bien toi", reprit le cul,
"de parler d’immondices,
Du moins, on ne m’a jamais vu
Foutre la chaude pisse,
Toujours couvert de morpions,
T’as souvent la vérole aussi"...
A ce moment survint un vit,
De superbe encolure.
Il était, ma foi, fort bien mis,
Et de fort belle tournure ;
"Paix, dit-il, taisez-vous donc,
Vous faites beaucoup de bruit"...
Tout d’abord, il entra au con,
Qu’il trouva un peu large,
Puis dans le trou du cul, sans façon,
Par trois fois il décharge.
"Hé ! Hé ! Dit-il, taisez-vous donc,
Plus c’est étroit, plus on jouit"...
A cet arrêt, si bien, pourtant,
Le con bava de rage,
Et le trou du cul triomphant
Fit un sacré tapage.
Par trois fois, il pète sur le con,
Lui disant : "ton règne est fini"...
Le bougre, avait ma foi raison,
Je le dis sans mystère
Pour foutre, il n’est qu’un trou de bon :
C’est le trou de derrière.
Souple, nerveux et très profond,
Dieu pour le vit, exprès le fit...
hum délicieuse cette petite conversation entre amis
@ Sandokan, il est incroyable ce texte ! lol
Merci de nous le faire partager.
Si quelqu'un connait l'auteur de ce texte, ce serait sympa de nous en dire plus. Au hasard, Matthew, tu ne saurais pas ça des fois...?
@ Cat, savoureuse en effet.