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Mon ami, je dois vous le dire, depuis que vous êtes parti au combat je ne pense plus qu’à vous. Vous êtes sur le front et moi, j’ose penser à un tout autre fond qui vous attend impatiemment, qui vous réclame à corps et à cris.

N’est-ce pas pathétique quand on y pense ?

Vous vous débattez pour sauver votre vie - et celle de notre si belle nation - et moi je me débats avec des pensées qui se cognent dans mon esprit. Quelle incongruité. Oui je sais. Je sais tout cela. Mais il me faut bien vous l’avouer, je ne puis plus longtemps garder ce secret. Garder cette découverte uniquement pour moi est au-dessus de mes forces. Car, quand on y pense, quand on y réfléchit deux minutes, quel égoïsme ce serait ! non, je ne puis décemment m’y résoudre.

Mon ami, je vous le dis, je me suis gardée pour vous, maintenant je le sais.

Il m’en aura fallu du temps avant d’en convenir, mais il est certain, acquis, plus aucun doute sur le sujet, je veux vous faire don de moi, plus précisément d'une partie de moi, d'une partie que personne n’a jamais, au grand jamais, encore touché.

Sachez que cette partie est comme une terre vierge, une terre inconnue, une terre que personne n’aurait encore frôlée, une terre qui ne demande qu’à être défrichée, qui désire connaître le poids du soc, de la charrue, de la vitalité d’un homme qui remplirait là son sillon de sa force virile.

Je suis sereine, je sais votre ardeur doublée de votre douceur. Je vous fais confiance. Je suis à vous.

Mon ami, revenez vite en vie je vous en supplie. Mon con en a vu d’autres avant de vous connaître, mais mon cul vous est offert. Il vous attend !!!

© Claire Ogie