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Margaretta Angelica Peale (1795-1882), cliquez sur l'illustration pour l'agrandir.

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Après cet échange, Muriel laissa là l’homme d’église pour se tourner vers un autre de ses invité. Son regard se planta sur son voisin de gauche, Pierre de la Frênoise, cherchant une confirmation à ses dires. Un médecin, voilà bien une personne toute indiquée pour connaître l’effet bénéfique des fruits sur le corps humain. Celui-ci ayant acquiescé en riant, son regard glissa trois places plus loin pour s’arrêter sur le mien et ne plus le quitter. C’est à cet instant précis qu’elle décida d’agir et de provoquer chez moi tous les troubles imaginables. Elle m’avait choisi, j’étais l’élu, son regard de braise m’incendiait de haut en bas, nous en étions au dessert, mais cela équivalait pour elle à la mise en bouche, j’allais l’apprendre plus tard.

- Ne vous moquez pas, mais j’adore regarder les cloches sonner. Regarder par en dessous, vous savez, cette petite chose qui se balance et qui fait chanter la cloche, je trouve cela irrésistible…

- Heu, vous parlez sans doute du battant, osais-je à peine lui répondre sentant la rougeur envahir mon visage sous le regard appuyé qu’elle m’adressait devant tous.

- Oui, en effet, je cherchais le nom de cette magnifique invention. Le battant… Saviez-vous qu’il n’y a rien de plus triste qu’une salade de fruits sans bananes ?

Muriel avait, pour cette soirée particulière, revêtu une très longue robe noire, large, légère, qui flottait autour d’elle de la plus belle des façons et qui se trouvait confectionnée dans ces sortes de tissus indiens typiques qu’elle devait sans doute ramener de voyages à l’étranger. Le vêtement s’avérait tout à fait adaptée à ces soirées d’été qui s’étiraient toujours fort tard dans la nuit étoilée. Tout de même, ce dernier avait une particularité plutôt intéressante : malgré le fait qu’il fût très ample sur les cuisses, il se serrait particulièrement à la taille et ouvrait bien tout le haut de sa poitrine grâce à des bourrelets positionnés sur les épaules. Elle apparaissait ainsi comme deux triangles opposés dont les parties étroites se rejoignaient au niveau du nombril.

Il était évident que la jeune femme était nue sous le tissu puisque la transparence de celui-ci aurait aussitôt révélé le moindre sous-vêtement, fut-il de la même teinte.

D’ailleurs elle ne s’en cachait pas et nous proposait, à propos de ce fait, d’excellentes raisons qui invoquaient un désir irrépressible de simplicité et de liberté de mouvements.

- Vous comprenez, chers amis, comme nous sommes là entre gens de bonne société et au cœur de l’été, un peu de laisser aller de ma part ne choquera personne ici, j’en suis certaine.

Le toubib, toujours en quête de bons mots, ne tarissait pas de phrases complices :

- Tachez surtout de ne pas attraper froid !

- Allons donc, par ce temps ? Ce serait trop se couvrir qui serait une erreur.

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par Claire Ogie & Yann Sayr