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Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779), cliquez sur l'illustration pour l'agrandir.

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Ainsi le repas sous les trois chênes du jardin se déroula paisiblement jusqu’à l’arrivée de ces fruits tentateurs du dessert dont l’aspect donnait à penser que d’autres éléments encore plus sucrés seraient à notre disposition plus tard dans la nuit.

Puis elle s’inquiéta de notre plaisir :

- Messieurs, avez-vous fait bonne chair ?

- Madame, nous devenons vos serviteurs. Tant de douceurs offertes ne peuvent que nous endettés face à votre beauté, répondit Pierre de la Frênoise.

- Ha ha ha ! Des dettes ? Mais voyons, toubib, sachez que j’y prends peut être bien plus de plaisir que vous. Fit-elle en riant. Vous ne me devez rien du tout. Rien du tout !

- Alors, fis-je un peu moins habilement que mon ami, permettez-nous de vous rendre vos largesses.

- Oui, Jean a bien raison, poursuivit aussitôt mon voisin le pharmacien, il nous faut nous permettre, à notre tour, de vous retourner une part de ce que vous nous offrez.

- Et bien Julien, à votre guise, dit-elle en souriant à l’allusion à peine dissimulée. Et comment comptez-vous, si je ne suis pas indiscrète, vous y prendre ?

Julien Fretel, n’ayant pas le don de saisir l’opportunité qu’il venait de lancer, resta coi. Maître Fretel, de loin, le plus âgé de tous, proposa alors en me regardant:

- Ecoutez, Muriel, je crois que notre petit Jean fait des études de médecine. Rappelez nous donc en quelle année vous êtes rendu, mon ami?

- Heu… quatrième, Maître, fis-je soudain rouge comme une pivoine à l’éclosion.

Le notaire continua, amusé :

- Regardez donc, comme celui là est timide. Un vrai tendron. Bon, donc je propose, pour vous délasser et vous rendre un peu votre monnaie, - si j’ose dire. Vous le méritez tant !, que notre jeune ami vous administre quelques savants massages dont il doit sans doute avoir le secret. Ceci en tout bien tout honneur, cela va sans dire.

- Bien entendu ! fit Jean-Deux aux anges. Cela va de soi.

- Qu’en pensez-vous, Muriel ? demanda le notaire.

La jeune femme battit aussitôt des mains et se tourna vers moi. Sans attendre, en se trémoussant des épaules, elle dégagea vivement le col de sa robe et me désigna sa nuque.

- Quelle belle idée ! Justement, je sens ici quelques contractures. Allez, mon jeune apprenti, dépêchez-vous donc de me soulager !

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Lien avec Salade de fruits (6) et Salade de fruits (4)

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par Claire Ogie & Yann Sayr