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Joseph Mallord William Turner (1775-1851)

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Londres, le 30 septembre 1897.

Oui, viens ! Il m’est impossible de vivre sans toi, sans ta présence, sans ton odeur, tes mains, ton cœur, ton sexe toujours près de moi.

Je veux me plaquer à toi, en toi ; ne faire qu’un être ; qu’un corps sans sexe ; qu’une seule enveloppe frissonnante d’appétits. Et cet être nouveau, lumineux, vivra éternellement, aussi longtemps que nos deux cœurs battront, aussi longtemps que nos humanités s’en contenteront.

Mais que faire? Que faire ? Ton mari est un violent, tu le sais. Il te fera rechercher, comme la première fois où nous nous sommes vus, par toutes les polices du Monde. Il en est bien capable. Il n’aurait suffit que de quelques secondes, ce jour là, pour que tout bascule dans l’horreur. Il nous tuera tout les deux, tu le sais bien.

Alors, il nous faut fuir, mon amour. Fuir, loin, très loin. Loin de ce monde qui ne peut accueillir de tels amours, de telles destinées, de telles unions.

Las, je laisse tout ici et part sans tarder pour Glasgow où j’y ai quelques amis. De là, nous filerons vers les Indes puis plus loin encore ; là où le vent ne porte plus, là où la mémoire n’existe plus et se délaite dans la poussière des chemins merveilleusement interminables; là où le Monde nous oubliera.

Alors, attends-moi, ma belle.

Et en attendant, prie donc celui que tu veux pour le salut de nos âmes.

Ton lecteur impatient.

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Lien avec Correspondance (1)

et Correspondance (6)

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par Claire Ogie & Yann Sayr