Voici une autre nouvelle écrite en duo avec Yann Sayr, L'hôtel de la Nymphe. Je l'ai partagé en douze épisodes, donc à lire étalée sur douze jours. Je vous laisse la découvrir, en espérant qu'elle vous plaira autant qu'à nous. Bonne lecture à tous !

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"Nymphe au scorpion " de Lorenzo Bartolini (1777-1850), cliquez sur la photo pour l'agrandir.

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Cela faisait un bon moment que je marchais sans rien reconnaître. J’avais beau chercher un quelconque détail qui pût m’aider dans ma quête, je ne voyais rien de concret.

Par désœuvrement, ce dimanche après-midi, j’avais choisi d’entrer dans cet hôtel de campagne, l’hôtel de la Nymphe – un vieillard installé sur le pas de sa porte à l’entrée du village m’avait promis de belles émotions si j’exécutais à la lettre tout ce qu’on me dirait de faire ! – tout en regrettant amèrement ce geste stupide.

J’étais en vacances, certes, et pouvais bien me permettre de perdre un peu de temps, alors, ici ou ailleurs, que m’importait ?

Ce petit hôtel, perdu au fond d’un de ces tristes villages de province sans cachet, avait l’air bien miteux. L’homme, bedonnant, professionnel, sans sourire, la cigarette vissée au coin d’une bouche sans cesse grimaçante, le regard… sans regard, n’avait pourtant rien d’affable, mais son boniment me plut. Je pénétrais donc en ce lieu bizarre, hétéroclite, constitué d’une multitude de portes aveugles, de vitres sans teint, afin de rechercher désespérément une issue à ma mauvaise humeur.

- Surtout, mon bon Monsieur, disait l’homme à l’accueil, si vous voulez rencontrer le Paradis sur Terre, laissez-vous faire ! Le ton du gars devint soudainement ridiculement emphatique. Je souriais.

- Vous ne me croyez pas ? Vous avez tord ? Personne ne s’est jamais plaint de cet hôtel, vous savez.

Il s’approcha alors de moi et, sous des airs faussement confidentiels, me dit ses mots étonnants :

- Si vous avez de la chance, quelqu’un viendra vous aider. Mais, bon, faudra lui obéir. Enfin, rien de bien méchant. Je n’en dirais pas plus. Chuuut…

Puis il retourna à sa place et reprit son attitude professionnelle.

« Et bien, nous nous laisserons faire ! »

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Lien avec L'hôtel de la Nymphe (2)

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par Claire Ogie & Yann Sayr