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Antoine Borel (1743-1810), cliquez sur l'illustration pour l'agrandir.

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Les vannes sont ouvertes et la voilà emportée par une marée tumultueuse. Quel monde est-elle en train de visiter du haut de sa jouissance ? attends-moi ! je veux te goûter encore. Je veux connaître les mystères de ton corps, la magie de ta peau contre la mienne, sur le mienne, dans la tienne. Nos deux essences mêlées pour une autre danse. Elle referme ses cuisses sur moi comme pour me garder prisonnier et s'assurer que je n'irai nul part ailleurs. Sans doute pour me réserver à d'autres activités... Elle frissonne, s'agite de soubresauts, tout en se cramponnant à mes cheveux ; puis se calme enfin et me laisse émerger de ses chairs au creux desquelles j'étais à deux doigts de me noyer en délirant de mon côté. Mais non ! l'oxygène pénètre à nouveau mes narines !

- Goulue.

- Vorace.

Elle me sourit et m'attire vers sa bouche, voulant m'absorber d'une toute autre façon. Je me fonds entre ses lèvres gourmandes, aussi affamé qu'elle.

Elle tangue, vacille, se frotte contre moi pour se saisir de mon membre qui s'agite sous ses doigts. Mon mat se dresse au milieu de la houle. Pas de cale sèche. La fureur des éléments est là, prêt à se déchaîner. Les corps s'accrochent, se retournent. Elle se plante sur moi me présentant ses fesses que je saisis à pleines mains. Je prends possession d'elle, je me cramponne à elle, ne plus la lâcher ! des vagues successives nous font basculer, rouler à qui mieux mieux. Bateau fougueux emporté vers d'autres contrées. Brusques remous des eaux profondes. Tout bouge, tout s'agite. Fille de l'eau, femme de la mer en appelant aux forces des ondes souterraines. Tout explose ! tout s'enchevêtre. Tout fuit en une multitude de particules d'eau s'évaporant en un fin brouillard. Nous retombons. Nous sommes nus, deux corps étendus, emportés par le vent du désir et la faim dévorante de nos deux sexes.

Le calme est abrutissant. La densité du silence est telle que je suis obligé de dire quelque chose, sans cela, je perdrais l’équilibre.

- Oh, Pléioné, qu’avons-nous fait ?

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Lien avec L'hôtel de la Nymphe (12 et fin) et L'hôtel de la Nymphe (10)

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par Claire Ogie & Yann Sayr