Puis elle me lâche et s'échappe dans les profondeurs de la pièce noire.

- Je veux que tu me trouves. Je veux que tu aies tellement envie de moi que tu me cherches, que tu fouilles partout.

Je suis là, dans le noir de cette pièce inconnu et j'avance tel un aveugle, un estropié. J'avance et me cogne contre une chaise posée devant moi.

- Glacial ! s'écrit-elle sur ma droite en riant.

Je continue, je contourne l'obstacle et sens sur le bout de mes doigts les contours d'une commode, ou est-ce une armoire ? Non, une commode. Ma main glisse sur le plat du bois, sur la surface lisse du dessus et les formes rondes des côtés. Je continue. Je longe le mur couvert d'un crépis rugueux qui râpe mes doigts, osant à peine me perdre dans le milieu de la pièce. Prudent je fais le tour de cet endroit. Je tourne et je contourne. Un autre meuble gène ma progression, non, si, un lampadaire, oui, c'est bien d'un lampadaire qu'il s'agit, c'est bien un lampadaire que j'ai là ! mais je sais que je n'ai pas le droit d'y toucher, pas le droit de tricher ; pourtant ce n'est pas l'envie qui m'en manque, mais non, ce jeu de cache-tampon me rappelle beaucoup mon enfance et m'excite au plus haut point.

- Tu gèles ! me répond sa voix qui me vient de la gauche à présent. Je continue ma progression.

- Bouge pas j'arrive.

J'ai pourtant longé le mur et sa voix ne vient plus du même endroit. Je sais que je n'ai pas encore fait le tour complet de la pièce mais sa voix vient maintenant du côté opposé, en fait, de derrière moi. Je décide de m'aventurer plus avant. Je quitte le mur pour aller à l'aveuglette vers le centre, vers ce qui me semble être le point où elle se cache.

- Tu te réchauffes...

Je m'arrête brutalement, là, je bute, mes jambes butent contre, un canapé ? Non. Un lit ? Des rideaux entourent l'objet qui bloque le passage, des rideaux suspendus.

- Ça chauffe, ça chauffe...

Sa voix est très proche, mais le rideaux gène. Je fais le tour. Un montant en bois se dresse à un angle, toujours ces rideaux. Je continue lentement, je suis la légèreté des rideaux qui fait comme une mer sous mes doigts, une vague mousseuse qui suit mon parcours. Un autre montant en bois à un autre angle apparaît sous ma main. Plus de rideaux.

- Tu brûles, approche...

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Lien avec L'hôtel de la Nymphe (10) et L'hôtel de la Nymphe (8)

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par Claire Ogie & Yann Sayr