Le sexe féminin au travers des siècles (2)
Par Claire Ogie le jeudi 18 septembre 2008, 10:28 - Histoire, contes et légendes - Lien permanent
Le mot « vulva » a été emprunté au latin médiéval volva ou vulva « utérus, parties génitales femelles », sens littéral : « enveloppe » (pour « couvrir, envelopper » ), probablement du latin volvere pour « tourner, retourner, tordre, rouler ». Semblable à l'ulva « utérus » en Sanskrit.
Lingam et Yoni
Un terme alternatif en latin, pudendum femininum désigne les organes génitaux femelles externes. Le mot pudendum signifie les parties honteuses en latin, ou ce que la décence interdit de montrer. Beaucoup de cultures ont ainsi décrit la vulve comme quelque chose de honteux à cacher. Cependant, une culture hindou a utilisé le terme sanskrit de Yoni qui comprend de nombreuses significations dont la fontaine de vie, le temple sacré etc.
Yoni
Comme pour n'importe quel aspect du corps humain qui est impliqué dans des fonctions sexuelles ou excrétoires, il y a beaucoup de mots en argot pour la vulve humaine, dont le "con", du mot latin cunnus. (vulve)
Maurice Rosard, "Une cathédrale se dévoile" Planche symbolique illustrant le mode d'action des symboles (application à l'interprétation décodée des façades occidentales des cathédrales).
L'image, ou la représentation du sexe féminin, de la vulve, ne se trouve pas toujours là où on le pense, pour preuve l'interprétation de cette rosace initiatique.
Alors, réalité, élucubration ? je l'ignore, mais l'idée me plaît beaucoup.
D'ailleurs à ce propos je ne résiste pas, si le sujet vous interpelle, allez faire une petite promenade sur L'énigme de la cathédrale. Juste ceci : La cloche est aussi la vive représentation alchimique de l’homme (le battant, le phallus,..) et de la femme (la yoni, le réceptacle de la cloche). L’union tantrique de ces deux corps/énergies produisent le Verbe.
Certaines cultures considèrent des parties de la vulve, ou son ensemble, d'être « impur » et peuvent aller aussi loin que de préconiser la « circoncision féminine » (la circoncision remonte à l'Antiquité et donc avant le Christianisme et l'Islam), qui en fait se décline en plusieurs niveaux de sévérité, voir ici : mutilations génitales féminines pour plus de détails, et ici pour ce qui est de l'excision dans l'Egypte ancienne.
Dans la plupart des sociétés pratiquant les mutilations génitales féminines, ces mutilations sont unanimement considérées comme étant « l'affaire des femmes ». Les opérations sont le plus souvent réalisées par des femmes, qui se considèrent ainsi comme garantes de la vertu de leurs cadettes. Pourtant, dans ces mêmes sociétés, même si les hommes déclarent ne pas s'en mêler, ils sont nombreux à refuser d'épouser une femme non excisée.
En effet, l'une des raisons les plus fréquemment évoquées par les mères pour soutenir l'excision de leur fille est que, non excisée, elle ne trouverait pas à se marier. Or, dans la majorité des sociétés pratiquant l'excision, le statut de la femme est subordonné au nombre d'enfants qu'elle mettra au monde, d'où l'importance capitale du mariage pour sa reconnaissance sociale.
Pas besoin de préciser que ces sexes là, on ne les montre pas, on les cache.
L'expulsion du jardin d'Eden, fresque de Masaccio (1425), avant et après restauration (1980)
A la fin de l’antiquité et au Moyen Age, le réalisme apparent des nus antiques, la régularité de leurs traits et leur pouvoir érotique sont devenus incompatibles avec la religion chrétienne dont l’influence grandit. Hérité du judaïsme, le commandement biblique de ne pas représenter Dieu ni sa création, est bien une interdiction : celle de se mettre à la place de Dieu car Dieu a créé l’homme à son image. Si donc les hommes, comme dans l’antiquité, créent d’eux-mêmes une image idéale, proche de la réalité, ils créent du même coup une image de Dieu, ce qui est considéré comme un blasphème, un acte d’orgueil. En plus de l’érotisme qu’il dégage, le corps nu est honteux et matériel, par opposition à l’âme, immatérielle. Il est donc intéressant de noter qu’au Moyen Age, qui jamais ne s’est soumis à une interdiction absolue de l’image, des nus ont été représentés quand l’exigeait le sujet biblique choisi pour illustrer des manuscrits ou décorer des églises. La naissance d’Adam et Eve ou la représentation des morts, plus précisément des âmes damnées ou sauvées, en sont quelques exemples – mais la ressemblance physique en était volontairement prohibée.
Dans le cas d'une fresque comme celle de L'expulsion d'Adam et Ève du Jardin d'Eden de Masaccio, les feuilles de vigne furent ajoutées trois siècles après que l'original a été peint, probablement à la demande de Cosme III de Médicis à la fin du XVIIè siècle, qui a jugé sa nudité répugnante. Pendant sa restauration dans les années 1980, les feuilles de vigne ont été enlevées, de même que des siècles de saleté pour restaurer la fresque dans son état original. Souvent, quand elle était affichée ou posée par un modèle féminin nu, la vulve ainsi que sa représentation physique manquait de poils pubiens, indépendamment du fait qu'elle serait effectivement visible dans cette pose.
"La Maja nue" de Francisco Goya (1746-1828)
Avant le vingtième siècle, les peintures et sculptures occidentales dépeignaient les femmes sans poils pubiens. John Ruskin, le célèbre auteur, artiste, et critique d'art, était apparemment accoutumé à ces représentations et était naïf à propos de la réelle apparence d'une femme nue. Lors de sa nuit de noce, il a été prétendument tellement choqué en découvrant le sexe de sa femme qu'il la rejeta, si bien que le mariage fut annulé (en toute légalité). La Maja nue de Francisco Goya fut probablement la première peinture européenne à montrer les poils pubiens d'une femme, bien que d'autres y fissent allusion.
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L’étude de l’homme comme objet des sciences naissantes, au sens moderne, la « redécouverte » de l’antiquité à l’époque de la Renaissance, s’est manifestée par une relation nouvelle de l’homme à son corps, par une sorte de retour à l’idéal antique. Pour les artistes, le corps humain devient un modèle. Mais il ne faut en aucun cas oublier que la représentation de l’homme nu était soumise à des règles strictes, ce qui était plus particulièrement vrai pour la représentation du sexe, notamment féminin, plus ou moins tabouisée encore durant une bonne partie du XIXe siècle. Pendant très longtemps, il a été beaucoup plus évident, dans les écoles des beaux-arts, de copier les antiques que de dessiner d’après le modèle vivant. De sorte qu’au début de l’ère moderne, l’idéal classique, diversement interprété, a servi de régulateur entre l’observateur et l’image du nu.
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A lire pour approfondir le sujet : L'homme nu et Le nu dans l'histoire de l'art.
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"Un chant d'amour est comme une caresse mise en musique." Sigmund Romberg.
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"Ses baisers laissaient à désirer...son corps tout entier." Woody Allen.
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"La séduction est de l'ordre du rituel, le sexe et le désir de l'ordre du naturel." Jean Baudrillard.
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"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu." Chamfort.
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"L'unique règle de plaire est de trouver un appétit que l'on a laissé affamé. S'il le faut provoquer, que ce soit plutôt par l'impatience du désir que par dégoût de la jouissance." Baltasar Gracia Y Morales.
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"Plus l'amour est nu, moins il a froid." John Owen.
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"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal.
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"Le sexe masculin est ce qu'il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève." Frédéric Dard.
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"La vie sexuelle de chacun est en partie composée de fantasmes, en partie inspirée de modèles littéraires, de mythes, d'histoires ainsi que d'images et de films." David Lodge.
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Commentaires
Ceci est un copié-collé des anciens commentaires de ce billet sur mon ancien blog dessens.
Ben dis donc j'en apprends des choses à commencer par la symbolique des cathédrales et de la Vierge... Où le sexe féminin ne va-t-il pas se nicher, lol... Bises.
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Maintenant j'ignore totalement si la chose est avérée ou non, on trouve parfois de fausses pistes sur le net, et dans les livres aussi, mais je dois bien avouer que cette idée me plaît vraiment beaucoup. En fait, elle m'éclate complètement !
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L'origine de l'excision, le camouflage sous feuilles de vignes des années après la création du tableau, le côté cachez-moi ça, ce sexe là, je ne saurai le voir, etc... oui, c'est passionnant.
Merci Juliette, contente que cela t'intéresse. Il est certain que c'est moins olé olé que d'autres de mes billets, mais bon, il faut de tout ! et moi j'aime bien.
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je ne pourrais plus regarder une église, cathédrale de la même façon, moi qui les aime tant. Et que dire de la petite vierge. Je connaissait le petit jésus, mais là, je suis stupéfait !
Quoique, après réflexion, le symbolisme de la petite Ste Vierge fait penser au test de la tâche d'encre.
Vraiment passionnant ton billet.
merci
Et vive Goya !
un livre aussi " La sexualité dans l'art Occidental"
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Et ne pas forcément prendre la rosace initiatique pour un fait incontestable ! je le répète, j'ignore si cela est bien avéré, même si j'en aime l'idée...
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La question c'est pourquoi tant de rejet à l'égard de la vulve ? Pourquoi voulait on cacher quelque chose qui constitue déjà, sur le plan éthymologique et physiologique, une enveloppe ?
Grand mystère ça ...
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Cacher ce qui est caché et dérange parce qu'il est caché. Oui, vaste sujet, grande question.
Ruskin a vécu au 19ème, j'ignore si l'anecdote est véridique mais c'est bien possible, vu le contexte de l'époque. Cela montre bien en quoi aujourd'hui la répulsion de certains pour la pilosité n'est que de l'atavisme.
J'ai vu en 2008 une rediff d'une émission de Delarue consacrée au premier rapport sexuel. Des jeunes témoignent de ce qu'il a représenté pour eux. Il y avait aussi un éducateur qui va dans les lycées pour expliquer l'anatomie, le maniement des préservatifs, la prévention contre les MST. Il disait qu'un jour, un jeune homme se plaignait d'avoir mal vécu son premier rapport car il pensait que la fille était malade. Sa "maladie", c'était ses poils pubiens. Il n'en avait jamais vu sur le corps d'une femme car il n'avait que les films X comme seule référence.
C'est un témoignage très intéressant car ce genre de remarques était impensable il y a 10 ans. Cela montre bien l'influence sournoise des images sur les gens, avec des conséquences concrètes très dommageables. Ce garçon est totalement dans l'inversion de la réalité. En effet, ce sont les femmes malades ou vieillissantes qui n'ont "naturellement" plus de poils. Ce que Ruskin a vécu au 19ème se répète, de façon très étrange.
En ce qui concerne Courbet, j'ai entendu sur une radio belge récemment une femme parler de l'expo au musée d'Orsay (où l'on peut voir le tableau "l'origine du monde"), elle disait qu'en plus de ce tableau, il y en avait bcp d'autres de femmes nues et épilées. Elle concluait "ce qui prouve que l'épilation intégrale était fréquente".
C'est une interprétation totalement erronée de la réalité. Ce qui est absurde dans ce raisonnement, c'est qu'on pourrait aussi en conclure que les femmes dans le passé n'avaient pas de vulve. Il faut donc être très attentif à ne pas tirer de conclusions sur le vécu des femmes occidentales lambda jusqu'au 20ème siècle. Il est avéré que la plupart ne s'épilaient pas, la préoccupation principale des gens n'étaient pas l'esthétique mais la survie, tout simplement.
Doigt de miel disait : «La question c'est pourquoi tant de rejet à l'égard de la vulve ? »
Mais tout simplement, la misogynie qui jalonne le monde depuis des millénaires. Voir ce que dit le sexologue Gérard Zwang à propos du sexe des femmes
http://pagesperso-orange.fr/saphism...
Extraits de son livre "Le Sexe de la Femme", en 1979 :
«Se prenant pour le parangon des vertus humaines, le mâle n'a pas encore pardonné à la femme ni d'être différente de lui tout en lui ressemblant, ni, surtout, de posséder une subjectivité autonome malgré sa moindre force physique. De là découlent, depuis la mauvaise foi jusqu'à l'agression armée, ces déshonorantes conduites de haine contre le sexe de la femme.
Tout est reproché à la vulve et au vagin, de leur anatomie comme de leur physiologie : navrante litanie !