Le sexe féminin au travers des siècles (3)
Par Claire Ogie le vendredi 19 septembre 2008, 09:54 - Histoire, contes et légendes - Lien permanent
"La légende de Kerdeck" (1890) de Fernand Le Quesne (cliquez sur les illustrations pour les agrandir)
Les nus féminins séduisent d'abord un public masculin, sensible au contenu suggestif et érotique des images. Ces représentations sont moralement tolérées par la société pudibonde de la fin du XIXème siècle grâce à l'alibi historique, exotique chez les orientalistes avec leurs Odalisques, ou mythologique lorsque la femme devient Vénus. Les poils pubiens des modèles, dit de mauvais goût et réprimés par la loi, sont toujours soigneusement effacés, comme d'ailleurs sur la plupart des toutes premières photographies érotiques de l'époque. En effet, dans la peinture occidentale, la règle veut que ni les poils, ni la fente vaginale ne soient représentés.
Guillaume Seignac
Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour commencer à voir des reproductions fidèles, impitoyables, du corps humain, parallèlement à l’apparition de la photographie qui ne possède qu’un potentiel réduit en matière d’idéalisation. C’est par exemple l’apparente précision de la photo qui permettra aux peintres de représenter des poils pubiens… La scandaleuse toile de Gustave Courbet qui, sous le titre L’Origine du monde, représente un sexe féminin, n’aurait pas vu le jour sans l’implacable exactitude de la photographie.
"L'origine du monde" de Gustave Courbet
Voir L'image de la femme et L'art académique et enfin le site dans toute sa splendeur, allez-y il est vraiment magnifique : Nus académiques.
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On cache.
On montre.
On dévoile tout.
Encore un peu ?
Alexandr Zadiraka
Ah non là on ne voit plus rien...
Ici alors ?
Carre
Ou là ?
Carre
De tous temps, en tous lieux...
Art précolombien : femme assise montrant sa vulve
...on cherche, on fouille, on fouine...
Léonard de Vinci
...on s'extasie, on interprète...
Kama Sutra
Mais le secret reste bien gardé.
On montre, on dévoile, on interprète, on cache, on montre, on dévoile, on interprète, on cache..., c'est un jeu à travers le temps, à travers l'histoire. Ce n'est pas une nouveauté, nous ne faisons que recommencer l'ère de la censure, nous suivons la boucle du temps, nous sommes au temps de la censure. De la censure ??!! Oui, avez-vous remarqué que nous faisons disparaître des modèles ce qui délimite l'entrée de la vulve, ce qui signale sa présence (voir extraits de "Sur la plage" de Jean -Didier Urbain). Ceci est une censure, qui se cache elle aussi pour mieux nous saisir, en nous faisant croire que nous sommes plus libre que jamais.
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Alors, pourquoi tout cela ?
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Symbolique de la vulve : Son symbolisme s'apparente à celui de la source, et aussi à celui de la gueule : elle prend et donne, avale la virilité et rejette la vie, elle unit les contraires, ou plus exactement les transmute l'un en l'autre, d'où le mystère dont est chargée son attraction, à la différence du sexe masculin, diurne et solaire. (...) Le mythe castrateur du vagin denté, que l'on rencontre à tous les carrefours de l'humanité et de l'histoire, suffit à prouver avec quelle puissance cette mystérieuse porte qui est celle de la vie et de la petite mort exerce sur l'homme sa fascination. (extrait du "Dictionnaire des symboles" de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant).
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Voir aussi dans la galerie des illustrations : Le sexe féminin au travers des siècles, d'autres illustrations qui ne sont pas dans les articles sur ce sujet.
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Lien avec Le sexe féminin au travers des siècles (1) et Le sexe féminin au travers des siècles (2)













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"Un chant d'amour est comme une caresse mise en musique." Sigmund Romberg.
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"Ses baisers laissaient à désirer...son corps tout entier." Woody Allen.
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"La séduction est de l'ordre du rituel, le sexe et le désir de l'ordre du naturel." Jean Baudrillard.
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"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu." Chamfort.
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"L'unique règle de plaire est de trouver un appétit que l'on a laissé affamé. S'il le faut provoquer, que ce soit plutôt par l'impatience du désir que par dégoût de la jouissance." Baltasar Gracia Y Morales.
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"Plus l'amour est nu, moins il a froid." John Owen.
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"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal.
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"Le sexe masculin est ce qu'il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève." Frédéric Dard.
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"La vie sexuelle de chacun est en partie composée de fantasmes, en partie inspirée de modèles littéraires, de mythes, d'histoires ainsi que d'images et de films." David Lodge.
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Commentaires
Ceci est un copié-collé des anciens commentaires de ce billet sur mon ancien blog dessens.
Je pense aussi que la séduction féminine, sa beauté, les particularités physiques et esthétiques du sexe féminin (non rasé de préférence, les tabliers de forgeron ne me gêne pas), renvoient à la naissance, mais aussi aux premiers plaisirs du sensitif, à la procréation, aux fantasmes sexuels, bref au plaisir...
Seule la femme peut provoquer ça, d'autant qu'elle a été longtemps tabou et "cachée", ce qui n'a fait qu'attiser les fantasmes et les représentations fantasmagoriques ou subliminales... Et rendue encore davantage désirable, et observée... Bises très tendues en ce début de matinée.
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N'étant pas un homme, ne désirant pas des femmes, mon regard est forcément différent, même si je suis tout à fait d'accord avec ce qui précède. Je ne vois souvent là qu'une façon de nier ce que je suis en tant que femme (à travers ces peintures ou photos refusant de nous montrer telles que nous sommes, en cachant notre sexe, en le gommant, ou en l'épilant) ou alors je bascule dans la femme objet, bref, jamais contente, c'est très humain ça ! féminin ? lol
Sinon, artistiquement parlant, mes photos préférées vont aussi à celles de Carre et surtout de Zadiraka (je crois que c'est ma préférée, vraiment), et ce même si je les trouve un peu trop lisses à mon goût.
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On dévouvre votre blog, très beau et très bien documenté, félicitations, on reviendra !
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Bienvenue dans ma communauté, Claire, Tu peux publier dans "Ecritures sensuelles " qaund tu voudras, au plasir de te lire ...Ici ou ailleurs ...
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Elle fait écho a des tas de questions irrésolues et j'y reviendrais souvent je crois :-)...
Bises Claire
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C'est une idée de sujet qui m'a été soufflée par un visiteur (de M.I.E.L. "voir osez dire non à l'épilation !" qui m'a contacté) et je trouve qu'en effet c'est un vaste sujet, toujours avec des points d'interrogations. Je n'ai fait que survoler le problème.
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Bonne contiuation, et au plaisir de vous lire...
Ma Callipyge.
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Je cherche beaucoup, c'est tout.
Bonne continuation à vous. :o)
Le tableau de Courbet prouve que le puritanisme est encore très présent aujourd'hui : dans une émission consacrée au tableau sur France Inter en 2008, un responsable du musée d'Orsay expliquait que des gens sont offusqués en le voyant et vont rouspéter à l'accueil en disant qu'il peut choquer des enfants. Mais il y a d'autres tableaux avec des femmes au pubis épilé à cause de la censure et ça, personne ne s'en offusque. Ces gens refusent donc ce qui est naturel et préfèrent voir un tableau censuré, c'est le monde à l'envers.
La phrase "la règle veut que ni les poils, ni la fente vaginale ne soient représentés." est un euphémisme pour dire qu'on censurait carrément le corps des femmes, il faut appeler les choses par leur nom. Les seins n'étaient pas tabous car considérés comme nourriciers.
Dans la littérature des siècles passés, la pilosité féminine (PF) était mise en valeur, ce qu'on n'avait pas le droit de montrer, on pouvait en parler. Dans "Nana", Zola n'arrête pas de parler des poils de Nana, fin du 19ème. Extrait
"Nana était nue. Elle était nue avec une tranquille audace, certaine de la toute-puissance de sa chair. Une simple gaze l'enveloppait ; (...) C'était Vénus naissant des flots, n'ayant pour voile que ses cheveux. Et, lorsque Nana levait les bras, on apercevait, aux feux de la rampe, les poils d'or de ses aisselles."
Plus loin dans le roman : "Nana était toute velue, un duvet de rousse faisait de son corps un velours;"
Ce sont les poils de Nana qui excitaient les hommes au plus haut point ! Aujourd'hui, si on montre une femme pas épilée à des hommes (en groupe), ils vont tous dire beurk ! Pourquoi donc ce retournement de situation en 100 ans ?
Le réalisateur Maurice Cazeneuve a porté "Nana" (dispo en DVD) à l'écran en 81. C'est la toute jeune Véronique Genest qui y jouait le rôle de Nana. Afin de respecter le roman de Zola qui parle explicitement des poils de son héroïne, VG était poilue, on a même droit à de gros plans de ses aisselles et au reste de ses charmes d'ailleurs. Et oui, notre Julie Lescaut a accepté d'être naturelle pour ce rôle et elle a eu du mérite. Même si à l'époque, c'était moins un problème que maintenant. D'autres réalisateurs ont fait leur version de Nana par la suite et sacrilège, les actrices jouant Nana étaient épilées ! Quel anachronisme !
Donc aujourd'hui que les corps des femmes s'étalent partout, les montrer sans PF, c'est du puritanisme, malgré tout ce qu'on nous bassine sur la "libération sexuelle". En fait, dans nos régions, jusque dans les années 1930, une femme sortant "en cheveux" (sans rien sur la tête) était considérée comme légère, heureusement qu'on a évolué de ce point de vue.
La remarque sur les "reproductions fidèles, impitoyables, du corps humain" me paraît discutable, c'est typiquement un commentaire masculin. Je suis féministe et il ne m'a pas échappé que le corps des hommes est représenté en statue depuis l'Antiquité de façon très réaliste, avec pilosité, ce qui n'est pas le cas des statues de femmes, dont les poils sont absents. Quand on lit Aristophane, on comprend immédiatement pourquoi : une femme avec des poils= un homme, chose intolérable à une époque très misogyne. En effet, les anciens Grecs ne s'embarrassaient d'ailleurs pas pour dire que les femmes étaient une monstruosité mais nécessaire pour avoir des garçons (elles étaient donc uniquement un utérus, ils disaient d'ailleurs que le cerveau des femmes était dans l'utérus !). Et pas n'importe quel Grec : Aristote, Socrate, Hippocrate. Mais ça, on n'en parle pas au cours d'histoire à l'école, on se contente d'évoquer les "grands philosophes". Ce n'était qu'une bande de machos cyniques et méprisants, rien d'autre.
Pour avoir plus de détails sur la vision hyper machiste de la Grèce Antique, voir ici : http://www.feministes.net/science_o...
Il a fallu attendre 1850 pour que le corps médical reconnaisse aux femmes la présence d'un cerveau !