Passer de l'un à l'autre
Par Claire Ogie le mardi 23 juin 2009, 20:23 - Questions - Lien permanent
Je récupère enfin ma connexion !!! plus moyen d'accéder à Internet depuis hier 19h, l'enfer...
Alors juste quelques lignes pour vous faire cogiter et râler aussi à l'occasion, c'est à voir.
Jean Morisot (1899-1967)
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"Passer de l'un à l'autre relève de la consommation des objets : même jouissance immédiate, mêmes gestes éphémères (on change de partenaire comme de voiture), même aspect gratuit car on ne s'engage pas... Admettre le caractère successif de l'amour serait reconnaître qu'il se termine mal." France Quéré.
Ne pas s'engager correspondrait donc à une fuite par défaitisme, pessimisme, vaincu d'avance, un amour se terminant toujours mal. Voilà comment j'interprète ces lignes. Et vous ?


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"Un chant d'amour est comme une caresse mise en musique." Sigmund Romberg.
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"Ses baisers laissaient à désirer...son corps tout entier." Woody Allen.
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"La séduction est de l'ordre du rituel, le sexe et le désir de l'ordre du naturel." Jean Baudrillard.
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"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu." Chamfort.
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"L'unique règle de plaire est de trouver un appétit que l'on a laissé affamé. S'il le faut provoquer, que ce soit plutôt par l'impatience du désir que par dégoût de la jouissance." Baltasar Gracia Y Morales.
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"Plus l'amour est nu, moins il a froid." John Owen.
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"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal.
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"Le sexe masculin est ce qu'il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève." Frédéric Dard.
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"La vie sexuelle de chacun est en partie composée de fantasmes, en partie inspirée de modèles littéraires, de mythes, d'histoires ainsi que d'images et de films." David Lodge.
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Commentaires
oui c'est cela, l'auteur de ces lignes veut sans doute montrer que le sexe est devenu un objet de consommation comme un autre.
dans la mesure où l'amour se termine toujours mal, on occulte les sentiments pour n'en garder que l'aspect mécanique.
pas besoin d'implication, pas besoin de s'inscrire dans la durée, pas besoin de s'engager.
dommage, car il y a de belles histoires à vivre quand les deux personnes sont sincères, même si nul ne peut présager de l'avenir.
je pense qu'effectivement beaucoup de personne ont aujourd'hui cette vision de l'amour, devenu pur objet de consommation ...
ce n'est pas la mienne
bisous claire
Et le fait de penser que l'amour se termine toujours mal ne peut qu'entraîner cette fin là et aucune autre. Pas de place pour mettre en œuvre une réussite. L'abandon avant même d'avoir commencé. Le ce n'est pas la peine, c'est tout vu d'avance.
C'est en effet la description de notre époque. Le tout jetable.
Bises cat.
Le « tout jetable » ou le « tout gratuit », certainement, mais pas seulement. S'engager, c'est d'abord être capable de le faire, capable d'être soi-même sur un temps long, d'accepter de se montrer tel que l'on est et non pas derrière une façade, et en échange accepter l'autre tel qu'il est et ce sont ces deux réalités vivantes qui permettront, ou pas, de vivre un amour « positif », à la ville comme au lit... Parce que au lit aussi, il est important de se découvrir (même en restant couvert) l'un l'autre pour accéder à autre chose qu'à l'éphémère...
Je trouve que France Quéré parle assez justement de l'amour ou plutôt de la vie amoureuse.
Bonne journée
C'est aussi mon avis, d'où mon envie de mettre ces lignes sur ce blog. Une vision que je trouve assez lucide en effet.
Bonne fin de journée !
Qui est-ce ce Morisot? Ce n'est surement pas Berthe Morisot, n'est-ce pas?
Il s'agit du docteur Jean Morisot (1899-1967) aussi appelé Jean de Sauteval (pseudo).
C'est absolument vrai. le refus de s'engager, passé l'adolescence, correspond en général à une vision pessimiste des relations amoureuses -au moins pour son propre compte. Mais je crois qu'il faut respecter cette manière d'être. Surtout ne pas porter de jugements de valeur moralisants comme Mme Quéré. La préférence pour les relations éphémères peut-être le fruit d'un choix de vie tout à fait respectable. Certains ont l'amour tragique, c'est comme ça...
Tu sais où j'ai trouvé ce passage ? dans "Les pieds dans le plat" de Louis Leprince-Ringuet. Alors effectivement, j'ai découvert par la suite que Mme Quéré était protestante et que pour elle - tout comme pour l'auteur du livre (catholique) - la religion avait une grande importance. Mais ici le côté moralisant (juste dans ces lignes), je ne le sens pas. Et le fait de dire que des relations éphémères (après l'adolescence bien sûr), le refus de s'engager, sont le fait d'un pessimisme au sujet de l'amour et bien c'est une découverte pour moi. Je n'avais encore jamais pensé à ça ! pas fait le rapprochement, et pourtant ça me semble si évident maintenant quand j'y pense.
Pas du tout mon truc l'amour tragique. Mais oui, chacun est libre de faire comme il veut ! Mais ces lignes ont éclairées une chose que je ne comprenais pas, ce besoin de ne jamais se fixer, ce refus catégorique de certain(e)s. Ce pourquoi que je n'expliquais pas.
ce n'est pas tellement une question de liberté. certains n'ont guère le choix, ils sont trop blessés par la vie pour construire une relation durable...
Trop blessés par la vie pour construire une relation durable ? je ne sais pas, pas persuadée de ça, pas persuadée du tout même. Le choix on l'a toujours. C'est le dépassement de soi (bien d'accord avec plein de choses du livre de Leprince-Ringuet d'ailleurs à ce propos, le dépassement de soi !). A savoir si l'on veut aller dans ce sens là, ou pas. Peut-être faudra-t-il s'y reprendre à plusieurs fois avant d'y arriver, avant d'en être capable, mais peu importe à mon avis, l'essentiel étant d'y arriver un jour. Peu importe le temps qu'il faut pour cela. Enfin, si l'on veut aller dans ce sens là bien sûr ! le choix se situe là. Rester au sol ou au sous-sol, ou remonter la pente. Certains savent très bien le faire au niveau professionnel mais pas au niveau sentimental par exemple, c'est assez curieux à voir. Alors que pour moi, la difficulté est la même dans les deux cas. Prendre sur soi pour se dépasser.
C'est prétentieux de dire ça ?
non pas du tout ce n'est juste pas très réaliste. Il y a pas mal de gens qui sont vraiment blessés. Il ne leur sera pas donné de construire une relation durable. Cela ne sert à rien de leur tenir un discours culpabilisant en faisant appel à leur volonté.
J'ai tendance à penser qu'ils se feront plus de mal et feront plus de mal aussi à leur partenaire en essayant malgré tout d'avoir des relations "normales" durables.
Je ne sais pas...
pour ma part je n'ai jamais refusé de m'engager... C'est juste que j'ai rencontré très peu de personnes qui m'ont donné envie de le faire...
Et pour moi ça ne s'oppose pas à l'ouverture à d'autres expériences sensuelles... Ce sont des choses bien distinctes..
Bises Claire
@ Matthew, tu trouves que je tiens un discours culpabilisant ? Je cherche juste à comprendre. Je donne mes impressions. Le cheminement de ma pensée. Bien sûr que chacun fait en fonction de ses moyens, de ses possibilités, mais cela n'enlève en rien ce qui provoque ce fonctionnement là il me semble. Ce "ça finira mal" donc je ne vais pas plus loin. Et puis, est-ce illusoire de dire que parfois, au cours d'une existence, on peut trouver une personne qui fera changer ce schéma là ? tout comme on peut ne jamais rencontrer qui que ce soit, ou aussi ne pas saisir l'occasion qui se présente.
Ce qui me dérange dans tout cela, c'est le côté statique. Pour moi rien n'est jamais statique. Tout est en mouvement, toujours, tout le temps, à chaque minute, à chaque seconde. Le c'est pas possible, n'est pas possible pour moi. lol
Plus sérieusement, à l'inverse, pourquoi le fait d'être deux, former un couple, semble plus méritant ? Parce que l'on fait le choix de combattre les tourments du quotidien ? Parce que l'on choisit de se jeter dans la fosse aux lions ? quitte à y laisser des plumes, voir des os ?
Dans les deux cas, il y a un combat. Une souffrance aussi. Quelle souffrance vaut mieux que telle autre ? Celle que l'on choisit et non celle que l'on subit. Enfin, de mon point de vue hein !
@ doigt de miel, mince alors ! je pensais que tu allais nous éclairer sur le sujet !!
Il y a ce qui est mieux dans l'absolu pour ainsi dire et ce qui est mieux pour soi, dans le réel... ce n'est pas toujours la même chose!
C'est vrai, c'est toute la différence entre une généralité et le cas par cas. Cela veut-il dire que les généralités ne servent à rien ?
"Ne pas s'engager correspondrait à une fuite par défaitisme....". Je ne crois pas, je pense que ne pas s'engager est plutôt une conscience de tout ce qui est possible, et qu'on ne pourrait explorer en acceptant un contrat.
Le véritable engagement étant celui qu'on se fait à soi même, de ne jamais se forcer dans cette exploration des possibles, et d'être capable de changer et d'accepter une relation stable avec une personne qui en donnerait l'envie
"je pense que ne pas s'engager est plutôt une conscience de tout ce qui est possible, et qu'on ne pourrait explorer en acceptant un contrat."
Mais dans ce "contrat" tout est possible aussi, si l'on arrive à s'ouvrir pleinement à l'autre, d'autant plus je dirais même que l'on apprend à mieux se connaître. Pour moi, le "passer de l'un à l'autre" n'est que du superficiel, jamais en profondeur (et je ne fais là aucun jeu de mot grivois), donc rater aussi, les refuser, une multitude de possibilités.
"Le véritable engagement étant celui qu'on se fait à soi même, de ne jamais se forcer dans cette exploration des possibles"
Si on le peut, oui, tout à fait ! mais combien restent bloqués dans le schéma "libre de toute contrainte" ce qui est une autre contrainte, et de taille celle-là. L'illusion de la liberté, qui créée des solitudes difficiles à vivre. Pas pour tous bien sûr, mais pour tellement de personnes.