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Franz von Bayros (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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Marine, trentenaire exaspérée par les hommes et leurs promesses bidon déambule d’un pas alerte mais discret dans les couloirs du métro tout en remuant des pensées qui font elles, un bruit assourdissant à ses oreilles.

J’en ai marre, mais qu’est-ce que j’en ai marre de tous ces mecs qui ne font que parler du matin au soir ! Ça parle, ça parle, oh ça pour discuter et avoir la langue bien pendue, ils l’ont ! Mais pour agir, tintin, il n’y a plus personne. Je t’en ficherais moi, des bavards pareils. Et après on ose dire que les femmes sont des pipelettes, c’est à mourir de rire ! Qu’elles feraient bien de tourner leur langue sept fois dans leur bouche, et patati et patata… Mais les femmes, elles, elles agissent sacré bon sang ! Elles savent ce qu’elles veulent ! Oh que oui ! C’est pas comme…

Marine s’arrête net dans son élan et sa diatribe mentale. Elle se trouve à peine à quelques mètres du quai de métro, dans une zone plutôt sombre, mais elle distingue pourtant un corps d’homme à demi allongé sur un siège. Un corps d’homme avec un mouvement de la main sur son bas ventre. Un mouvement de main ouvrant une braguette. Un sexe. Un sexe en érection émergeant du pantalon. Non. Si ! Elle ne rêve pas ! C’est bien d’un sexe d’homme dont il est question ! Un sexe. Un pénis. Un phallus que l’homme accompagne maintenant d’un mouvement de va et vient reconnaissable entre mille. Le souffle court, elle n’ose plus faire un pas. Elle est là, stupéfaite. La peur et le désir mêlés. Marine s’avance encore un peu, un tout petit peu. Juste encore un peu pour mieux voir cet homme sans qu’il s’en aperçoive, sans qu’il la remarque. Encore quelques pas, tout doucement.

Depuis combien de temps est-elle ainsi en manque ? Sans homme ? Elle en a perdu le compte… Tous des baratineurs. Sa respiration se précipite. Tous des menteurs. Elle est là, hypnotisée et paralysée sur place, les yeux braqués sur ce sexe qui s’offre à son regard. Ce sexe qu’elle prendrait bien dans sa bouche. Oh oui. Oui ! Ou non. Un sexe sur lequel elle se planterait. A moins qu’elle n’accompagne sa main, à lui. Oui. Le toucher. Le frôler. Le caresser. S’en saisir. Le gober, l’engloutir. S’empaler dessus. Tout tourne dans sa tête. Les idées se bousculent. Ses sens ont perdus tout sens de la mesure. Elle tremble, là, tout en frottant son avant bras et sa main gauche sur la pointe de ses seins, sa main droite ayant déjà glissée sur sa vulve au travers de sa jupe évasée.

© Claire Ogie & Z.G.

Lien avec L'homme du métro saint Germain (1) et L'homme du métro saint Germain (3).