im_532_65.jpg

(cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

.

A mesure qu'il se masturbait, sa tension nerveuse et son angoisse diminuaient.

Patricia s'était à présent matérialisée dans un coin de sa pensée. Il la voyait aussi nettement que si elle était présente à ses côtés. Telle qu'elle était alors, brune élancée avec ses longs cheveux noirs et bouclés qui lui tombaient en cascade au creux des reins. Il la contemplait, comme il le faisait tous les soirs, lorsqu'elle se déshabillait. Elle retirait avec précaution son chemisier qu'elle déposait sur de dossier de la chaise de sa coiffeuse. Puis faisait glisser doucement sa jupe sur ses hanches, en tortillant un peu les fesses pour l'aider à glisser, avant de lui faire rejoindre le corsage. Il avait depuis plusieurs semaines déjà pris l'habitude de s'installer sur le grand lit pour étudier – disait-il – la presse du soir à tête reposée. En réalité, il aurait bien été incapable de relater les événements qu'il était supposé lire. Patricia n'en était pas dupe et savourait ce moment où elle se savait épiée. Elle jouait le jeu en prolongeant ses préparatifs. En sous-vêtements, elle se dirigeait vers sa psyché. Elle retirait alors son soutien-gorge et passait délicatement la main sur le satin du globe de ses seins, comme pour en éprouver la douceur. Sa poitrine était lourde mais ferme. Les courbes de son corps lui sculptaient une taille puis ses hanches s'évasaient en un arrondi semblable à la forme d'une guitare andalouse. Puis elle descendait sa petite culotte bordée de fines dentelles en dévoilant des fesses pulpeuses à souhait. En se baissant, elle mettait en relief sa croupe tendue, et il pouvait entrevoir le sillon de son sexe. Elle examinait sa silhouette irréprochable, prenait des poses, l'air interrogateur. Puis aussitôt après, elle passait devant le lit comme s'il ne se fût pas trouvé là, à moitié caché derrière son journal. D'une démarche souple, elle se dirigeait vers la salle d'eau, exhibant fièrement ses seins généreux à l'aréole foncée et son épaisse toison pubienne.

La main avait accéléré son rythme de va et vient sur le phallus gonflé de désir, dans une cadence aussi rapides que les battements de son cœur. Ses sensations étaient si fortes qu'en fermant complètement les yeux, il lui semblait qu'il respirait encore son parfum. Une odeur obsédante, un peu moite, musquée et poivrée. Oui, c'était bien une fragrance de femme sensuelle qui flattait ses narines. Et c'est alors qu'il sentit une main se poser sur sa main qui astiquait frénétiquement sa verge.

© Claire Ogie & Z.G.

Lien avec L'homme du métro saint Germain (2) et L'homme du métro saint Germain (4 et fin)