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Paul Emile Bécat (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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Maman dort

Lise, ouvre à ton amant fidèle.

- Non, Lubin, vous n’entrerez pas.

- Eh bien ! à ta porte cruelle,

Je vais me donner le trépas.

- Ingrat, tu doubles ma souffrance.

- Et toi, tu doubles mon transport.

- Entre donc, mais avec prudence ;

Lubin, pas de bruit, maman dort.

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- Ma Lise, il n’est rien qui me plaise

Comme d’être assis près de toi.

Lubin, je n’ai que cette chaise,

Et l’autre est à côté, je crois.

- Pour peu que cela te convienne

Je cours la chercher tout d’abord.

- Non ! Non ! Viens partager la mienne :

Lubin, pas de bruit, maman dort.

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- Lise, sur ta bouche jolie

Laisse-moi prendre un seul baiser.

- Non, Lubin ! Cessez, je vous prie !

- Quoi, tu veux me le refuser !

Je le prends malgré ta défense.

- Pourquoi m’embrasser si fort !

- Faut-il donc que je recommence ?

- Lubin, pas de bruit, maman dort.

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- Lise, quel séduisant corsage !

Quels yeux et surtout quels appas !

- Allons, Lubin, soyez plus sage,

Finissez et parlez plus bas.

- Ah ! Cède à l’amour le plus tendre !

- Je vais crier ! (Lise aurait tort !)

-Hélas ! On pourrait bien m’entendre

Lubin, pas de bruit, maman dort.

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Observant un profond silence,

Déjà nos deux jeunes amants,

Avec l’amour d’intelligence,

Ont scellé les plus doux serments ;

Et c’est Lubin, Lubin lui-même,

Après le plus brûlant transport,

Qui répète à celle qu’il aime :

Lise, pas de bruit, maman dort.

Justin Cabassol