Des sens

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mardi 16 février 2010

Au sujet du désir

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"Une âme se mesure à la dimension de son désir, comme l'on juge d'avance des cathédrales à la hauteur de leurs clochers." Gustave Flaubert.

dimanche 7 février 2010

Où sont passés nos hommes ?

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Herbert James Draper (cliquez sur les illustrations pour les agrandir)

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Quand de nos jours on entend tant d'hommes effrayés s'écarter des femmes en disant : << elles veulent tout !...>> on mesure la perte de leur autonomie et de leur exigence : comme si les hommes n'avaient pas envie d'être grand pour eux-mêmes, au lieu d'obéir à l'injonction des femmes ; et comme si le fait de vouloir tout, de rechercher la perfection était un crime abominable.

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Ulysse, de Herbert James Draper (1863-1920)

Car les femmes font partie du chemin du héros, elles l'accompagnent comme guides ou tentations, fées ou sorcières. Elles sont sans doute l'air du voyage. Et l'homme au cœur aventureux sait que la forêt, la mer, la lande et la nuit qu'il traverse offre le prodige en même temps que l'épreuve, la merveille avec la diablerie. (...)

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Herbert James Draper

La femme (...) est en même temps l'éveilleuse, l'initiatrice, celle qui tend le miroir à l'homme, celle qui blesse le guerrier et répand du baume sur ses plaies ; celle qui rappelle l'exigence, comme la Dame courtoisie donne au chevalier le goût de la prouesse et rend le troubadour inventif , raffiné.

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Pleurs pour Icare, Herbert James Draper (1898)

Caresse ou incendie, la rencontre du héros avec la femme a toujours pour sens de le pousser au bout de lui-même, de l'entraîner vers sa profondeur et lui faire toucher le ciel. (...)

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Achille (musée du Louvre)

On peut dire ainsi que toute femme est fatale : elle fait partie du destin du héros. (...)

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Eros, Guido Reni (1631)

La virilité, c'est aussi ne pas faillir à son destin, ne pas esquiver les grandes rencontres, les grandes épreuves. De même qu'il n'y a pas de virilité sans vertu, il n'y a pas de héros sans éros.

Passages du livre de Jacqueline Kelen "L'éternel masculin".

vendredi 5 février 2010

Brûlant transport

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Paul Emile Bécat (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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Maman dort

Lise, ouvre à ton amant fidèle.

- Non, Lubin, vous n’entrerez pas.

- Eh bien ! à ta porte cruelle,

Je vais me donner le trépas.

- Ingrat, tu doubles ma souffrance.

- Et toi, tu doubles mon transport.

- Entre donc, mais avec prudence ;

Lubin, pas de bruit, maman dort.

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- Ma Lise, il n’est rien qui me plaise

Comme d’être assis près de toi.

Lubin, je n’ai que cette chaise,

Et l’autre est à côté, je crois.

- Pour peu que cela te convienne

Je cours la chercher tout d’abord.

- Non ! Non ! Viens partager la mienne :

Lubin, pas de bruit, maman dort.

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- Lise, sur ta bouche jolie

Laisse-moi prendre un seul baiser.

- Non, Lubin ! Cessez, je vous prie !

- Quoi, tu veux me le refuser !

Je le prends malgré ta défense.

- Pourquoi m’embrasser si fort !

- Faut-il donc que je recommence ?

- Lubin, pas de bruit, maman dort.

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- Lise, quel séduisant corsage !

Quels yeux et surtout quels appas !

- Allons, Lubin, soyez plus sage,

Finissez et parlez plus bas.

- Ah ! Cède à l’amour le plus tendre !

- Je vais crier ! (Lise aurait tort !)

-Hélas ! On pourrait bien m’entendre

Lubin, pas de bruit, maman dort.

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Observant un profond silence,

Déjà nos deux jeunes amants,

Avec l’amour d’intelligence,

Ont scellé les plus doux serments ;

Et c’est Lubin, Lubin lui-même,

Après le plus brûlant transport,

Qui répète à celle qu’il aime :

Lise, pas de bruit, maman dort.

Justin Cabassol

lundi 14 décembre 2009

Art rupestre érotique

Une deuxième vidéo pour aujourd'hui, rien que pour le plaisir ! A savoir : tout l'art des hommes du Jurassic enfin dévoilé sous vos yeux ébahis, si, si, si...

mardi 1 décembre 2009

L'affinité des chairs

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Gino Boccasile (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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L'affinité des chairs

Je ne l'entendais pas, tant je la regardais

Par sa robe entr'ouverte, au loin je me perdais,

Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles :

Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres !

Ce fut un baiser long comme une éternité

Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité

Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;

Sa poitrine oppressée et dure de tendresse

Haletait fortement avec de longs sanglots.

Sa joie était brûlante et ses yeux demi-clos ;

Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent

Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,

Un cri d'amour monta, si terrible et si fort

Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent

Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers

Un lien nous tenait, l'affinité des chair.

Guy de Maupassant (1887)

lundi 22 juin 2009

Désir d'homme

"Les yeux des femmes posent toujours la même question : est-ce qu'on me désire ?" Roger Fournier.

Heu... et les hommes ?

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Stéphanie Vignaux

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Pénis ailé 1er siècle.

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"L'homme n'est un homme que s'il est un surhomme. L'homme n'est qu'un homme que s'il est Dieu !" Roger Fournier.

lundi 8 juin 2009

L'épanouissement des fleurs

Les trois illustrations sont de David Kofton (cliquez dessus pour les agrandir).

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"La nuit, en secret, épanouit les fleurs et laisse le grand jour récolter les compliments." Rabindranàth Tagore.

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"Une femme épanouie vit au présent ce qu'elle a rêvé jadis." André Lévy.

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"Le souffle s'épanouit en baiser ; le naturel fruit de la participation au monde extérieur est l'amour." André Pieyre de Mandiargues (et aussi Le lis de mer, Tout disparaîtra, Sous la lame et La marge).

mercredi 3 juin 2009

La capture de l'oiseau sauvage

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Les deux illustrations sont de Michael Von Zichy (cliquez dessus pour les agrandir).

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Épingler l’oiseau. Y planter son dard. Le transpercer de toutes parts. En prendre possession. S’en rendre maître le temps d’un battement d’aile pour qu’il ne puisse plus crier qu’un seul mot : ENCORE !!

Épingler l’oiseau, lui donner le goût d’une présence au travers de l’absence. Le marquer au fer rouge. La marque de ceux qui ne sont plus libres. La marque du sang qui coule dans ses veines. La marque du cœur qui bat et prend le pas sur le plumage.

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Épingler l’oiseau. Le rendre désireux des coups de boutoir. Le rendre presque fou à force de chants désespérés. Épingler l’oiseau et l’observer longuement, ses plumes s’agitant au moindre souffle de vent, quitte à souffler soi-même pour savourer les moindres ondulations de son corps torturé.

Épingler l’oiseau, et pousser un long cri avec lui dans un élan convulsif les menant tous deux à l’agonie, le chasseur et son oiseau sauvage.

ENCORE !!

© Claire Ogie

lundi 1 juin 2009

Ta compagne

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Michael von Zichy (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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Mais il est vrai que la plus rare offrande est celle que tu mets à jour dans mes profondeurs. La permission d'être moi-même. Le loisir de vivre. Tu m'évides comme on fait d'une branche pour en façonner une flûte, et tu polis ma chair au-dedans, pour qu'elle réfléchisse le soleil. Instrument accordé, miroir éclairci... Tu me rends sensible, attentive à moi-même, gourmande de ma vie même... Vibrante, vivante... (...)

« Je t’accompagne désormais » - Comme ton ombre... (Et cela peut s'écrire encore : Je : Ta compagne... ! mon ami fûté...)

S'il te plaît...

« Baise m’encore »

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Mireille Sorgue Lettres à l'amant.

lundi 11 mai 2009

Les mots de la soif

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(photo trouvée chez Corps_Circuits)

Fesses

Ses fesses sont la fraîcheur même. Je les sépare avec délicatesse comme un beau fruit et comme il m'ouvre, avec le même amour curieux de ses secrets je veux l'ouvrir.

Je l'envie de pouvoir entrer loin en moi quand je n'ai, pour le connaître, que ce qu'il veut bien mettre en moi de lui, le goût de sa langue et sa véhémence qui fuse au plus fort de la querelle.

Mais l'homme inviolable cède à peine sous ma langue et je rêve de lui faire une blessure pour connaître la couleur et le goût de son sang. Je rêve de cheminer rigide à l'intérieur de lui.

Ses fesses sont la fraîcheur même, mais ma langue est trop brève ; et son sexe est une source à naître, mais toutes mes bouches sont de qui ne me donnent pas à boire.

Il ne me désaltère pas, c'est pourquoi je le meurtrirai entre les lèvres de ma soif.

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Mireille Sorgue

samedi 9 mai 2009

Toi, mon étoile

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Gerda Wegener (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir)

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Genoux ouverts je veille.

Je dis ton nom de temps en temps pour en voir l'effet.

Ton nom d'homme nu, ton nom d'homme que j'aime.

Si je ferme les yeux, j'y vois la nuit. Une étoile proche me gouverne.

Je suis sûre de ce désir.

Demain je te dirais seulement que j'ai mis longtemps à m'endormir.

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Mireille Sorgue (passage de "Assise dans mon lit...")

mardi 5 mai 2009

Amour désir

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Olivier Duhamel (cliquez sur les photos pour les agrandir)

Alanguie, offerte aux caresses et au désir qui enfle, à la beauté d'un corps solitaire qui se donne tout entier.

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Tout se tend vers un unique but, plonger corps et âme vers cet autre que nous désirons tellement.

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L'absorber, l'engloutir, s'en pénétrer tout en le pénétrant pour mieux exploser de mille feux nos particules élémentaires.

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La marque du désir, celle qui fait que nous aimons aimer indéfiniment.

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