Des sens

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dimanche 7 février 2010

Où sont passés nos hommes ?

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Herbert James Draper (cliquez sur les illustrations pour les agrandir)

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Quand de nos jours on entend tant d'hommes effrayés s'écarter des femmes en disant : << elles veulent tout !...>> on mesure la perte de leur autonomie et de leur exigence : comme si les hommes n'avaient pas envie d'être grand pour eux-mêmes, au lieu d'obéir à l'injonction des femmes ; et comme si le fait de vouloir tout, de rechercher la perfection était un crime abominable.

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Ulysse, de Herbert James Draper (1863-1920)

Car les femmes font partie du chemin du héros, elles l'accompagnent comme guides ou tentations, fées ou sorcières. Elles sont sans doute l'air du voyage. Et l'homme au cœur aventureux sait que la forêt, la mer, la lande et la nuit qu'il traverse offre le prodige en même temps que l'épreuve, la merveille avec la diablerie. (...)

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Herbert James Draper

La femme (...) est en même temps l'éveilleuse, l'initiatrice, celle qui tend le miroir à l'homme, celle qui blesse le guerrier et répand du baume sur ses plaies ; celle qui rappelle l'exigence, comme la Dame courtoisie donne au chevalier le goût de la prouesse et rend le troubadour inventif , raffiné.

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Pleurs pour Icare, Herbert James Draper (1898)

Caresse ou incendie, la rencontre du héros avec la femme a toujours pour sens de le pousser au bout de lui-même, de l'entraîner vers sa profondeur et lui faire toucher le ciel. (...)

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Achille (musée du Louvre)

On peut dire ainsi que toute femme est fatale : elle fait partie du destin du héros. (...)

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Eros, Guido Reni (1631)

La virilité, c'est aussi ne pas faillir à son destin, ne pas esquiver les grandes rencontres, les grandes épreuves. De même qu'il n'y a pas de virilité sans vertu, il n'y a pas de héros sans éros.

Passages du livre de Jacqueline Kelen "L'éternel masculin".

jeudi 19 novembre 2009

Entre ciel et chair

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Héloïse et Abélard par Edmund Blair Leighton (1853-1922)

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Ton entrée intempestive en moi, le furieux déferlement de mille vagues, les chevaux fous lâchés dans un fracas d'écume... Non, Abélard je ne me tairai pas, tu m'as suppliée maintes fois de transcender ce passé - et je me suis fait violence pour te plaire. Aujourd'hui je retourne à la source de ma vie. Ton acharnement à cogner en moi, à ébranler portes et vantaux, le bélier féroce de tes assauts répétés ! Nos cheveux s'engluent de salive et de sueur, tes dents me broient, ta langue ouvre mes plaies. Et je me retrouve de l'autre côté du rivage, démâtée, éparse au sol, toutes voiles déchirées, radieuse, au havre de tes bras. Mon sacre ! Non, je ne me tairai pas !

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Et ton désir de moi ruisselle sur mes hanches, fouaille mes entrailles, multiplie en moi les espaces sertis de ma chair. Jamais je n'eusse cru que l'amphore de mon ventre recèle tant d'antres secrets qui, forcés, révèlent encore, dans un déclic suave, d'autres antres, d'autres encore. Et plus avant où tu pénètres, tous ces mois où nous ne fîmes que nous aimer, plus se multiplient les profondeurs dont je suis le vigile. Parfois, quand je marche dans les rues, je suis bercée entière de résonances et d'échos comme le corps d'une viole dont, longtemps après que la musique a cessé, palpitent les éclisses et les ouïes. Parfois j'ose à peine respirer, et j'avance lentement, très lentement, comme une reine sous un dais brodé d'étoiles et de lances. Parfois aussi, l'espace résonne en moi comme une église - et mon émotion est si profonde que les larmes coulent jusqu'aux coins de mes lèvres sans même que m'alerte le sel sur ma langue. Parfois, de longues heures après que tu m'as aimée, je te sens remuer en moi doucement comme un passager clandestin.

Passage de "Passion, Entre ciel et chair" de Christiane Singer.

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Les amours d'Héloïse et Abélard par Jean Vignaud (1775-1826)

mercredi 3 juin 2009

La capture de l'oiseau sauvage

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Les deux illustrations sont de Michael Von Zichy (cliquez dessus pour les agrandir).

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Épingler l’oiseau. Y planter son dard. Le transpercer de toutes parts. En prendre possession. S’en rendre maître le temps d’un battement d’aile pour qu’il ne puisse plus crier qu’un seul mot : ENCORE !!

Épingler l’oiseau, lui donner le goût d’une présence au travers de l’absence. Le marquer au fer rouge. La marque de ceux qui ne sont plus libres. La marque du sang qui coule dans ses veines. La marque du cœur qui bat et prend le pas sur le plumage.

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Épingler l’oiseau. Le rendre désireux des coups de boutoir. Le rendre presque fou à force de chants désespérés. Épingler l’oiseau et l’observer longuement, ses plumes s’agitant au moindre souffle de vent, quitte à souffler soi-même pour savourer les moindres ondulations de son corps torturé.

Épingler l’oiseau, et pousser un long cri avec lui dans un élan convulsif les menant tous deux à l’agonie, le chasseur et son oiseau sauvage.

ENCORE !!

© Claire Ogie

dimanche 1 mars 2009

Rêveries érotiques coulées dans le bronze

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Sculptures érotiques de Karin Swildens, en bronze, parfois en argile ; ou, quand la passion, le doux rêve et la confiance rencontrent la petite mort.

Cliquez sur les illustrations pour les agrandir.

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"La passion, cet absolu désir qu'on ne peut jamais combler quand il a pour moteur l'absence de l'autre." Jean Royer.